Bilan auto-édition 2025 : on résiste encore

Comme il est main­tenant de tra­di­tion en début d’an­née, je vais faire mon petit bilan sur l’an­née précé­dente, à la fois par trans­parence et parce que ça me me per­met aus­si de réfléchir à la suite.

Il s’ag­it unique­ment de faire le bilan de mes activ­ités d’écrivaine auto-éditée ; cela dit, c’est quand même com­pliqué d’ig­nor­er le con­texte plus glob­al : entre mon­tée des fas­cismes, guer­res et mas­sacres, la « révo­lu­tion de l“IA » qui vient men­ac­er de paupéris­er encore plus tout ce qui est lié à la créa­tion, déjà attaquée de toute part dans le con­texte économique actuel… c’est pas la fête.

Bref, mon bilan c’est que je me suis inscrite pour être livreuse Deliveroo.

Mais, comme le fait de pré­ten­dre lancer le générique de fin pour faire la blague que c’est déjà fini est un peu réservé au for­mat Youtube, ren­trons tout de suite dans le vrai bilan.

Activités

En ter­mes de ce que j’ai réus­si à faire cette année, le bilan est pour­tant moins morose que les années précédentes :

  • En ce qui con­cerne l’écri­t­ure pure, je n’ai pas tenu l’ob­jec­tif que je m’é­tais fixée de ter­min­er la rédac­tion de mon roman en cours, mais j’ai tout de même bien avancé sur celui-ci. Il s’ag­it tou­jours de mon his­toire de yakuzas en Provence, qui a changé de titre pro­vi­soire de 8–9‑3 à Chien·nes de la casse. J’e­spère vrai­ment réus­sir à le sor­tir en 2026, et ce sera un de mes objec­tifs prin­ci­paux cette année !
  • J’ai pu par­ticiper en 2025 à deux évène­ments « en physique » très chou­ettes, une ren­con­tre à Genève le 22 jan­vi­er et un ate­lier d’écri­t­ure à Paris le pre­mier févri­er. C’est vrai­ment très sym­pa­thique et ça booste vrai­ment le moral de pou­voir ren­con­tr­er des gens et d’avoir un peu l’im­pres­sion que ce que je fais résonne chez des gens 💜. Mal­heureuse­ment, je n’ai encore rien de prévu en 2026, mais si des petites librairies, des asso­ci­a­tions, ou des fes­ti­vals veu­lent m’in­viter, j’ai encore des créneaux disponibles 🙂
  • Niveau expéri­men­ta­tions dans le jeu vidéo, j’ai par­ticipé à deux Game Jam un peu par­ti­c­ulières puisque le but était d’u­tilis­er un lan­gage Lisp, donc loin des moteurs de jeux « main­stream ». Le résul­tat de la pre­mière était intéres­sant tech­nique­ment à implé­menter mais pas vrai­ment au niveau du résul­tat puisque c’é­tait in fine un pro­logue de fic­tion inter­ac­tive que j’au­rais aus­si bien pu faire en HTML. La deux­ième m’a per­mis d’avoir un résul­tat un peu plus mon­tra­ble avec cette petite démo d’un jeu de course en tour par tour. Surtout, je pense que ces expéri­men­ta­tions m’ont per­mis d’avoir les idées un peu plus claires sur ce que je veux faire dans le domaine, et je reviendrai peut-être là-dessus dans un autre billet.
  • À pro­pos de bil­lets de blog, comme d’habi­tude, l’ac­tiv­ité a été moin­dre que ce que j’au­rais aimé, et prin­ci­pale­ment pour faire des compte-ren­dus ou des annonces, à l’ex­cep­tion de réflex­ions sur la nar­ra­tion. C’est pas for­cé­ment grave en soi, au moins j’ai l’im­pres­sion d’avoir un peu plus pen­sé à par­ler ici de ce que je fai­sais plutôt que de le laiss­er sur Mastodon.
  • Mon plus grand bémol ne con­cerne pas tant l’auto‑édition, mais je pense que beau­coup de gens ne font pas trop la dif­férence entre un de mes livres auto-édités ou pas : il y aurait dû avoir une pub­li­ca­tion de roman en 2025, qui n’a pas eu lieu. Inch’al­lah pour 2026 ? Par ailleurs, Une auto­bi­ogra­phie trans­sex­uelle (avec des vam­pires) est tou­jours indisponible, ce qui est un peu couil­lon parce que c’est bien celui de mes livres qui se vendait pas trop mal…Donc voilà c’est assez source d’an­goisse, surtout pour moi qui ai ten­dance à angoiss­er facile­ment. En atten­dant, si vous voulez le lire en ver­sion numérique, il est tou­jours pos­si­ble de le lire gra­tu­ite­ment sur le site de l’édi­teur, voire d’ac­céder à une ver­sion EPUB offi­cieuse dans le Raven­pack 🤫.
  • Au niveau du Patre­on, les abonné·e·s ont pu décou­vrir un roman inédit sous le nom mys­térieux de Code Bird. Bon, der­rière les secrets de com­plo­teurs, il s’ag­it du roman qui aurait dû être édité cette année et qui a au moins pu ain­si être lu par quelques personnes. 

Bref, ce n’é­tait pas for­cé­ment très vis­i­ble de l’ex­térieur mais il y a quand même eu un peu de choses cette année en coulisse et j’e­spère que ça se con­cré­tis­era un peu plus en 2026.

Nombre de ventes

Voilà, c’est main­tenant le temps de pass­er à la par­tie compt­abil­ité un peu dép­ri­mante, à com­mencer par le nom­bre de ventes en auto-édition :

  • Numérique : 42 (↘️ 97 l’an passé) 
    • Ama­zon : 17 (↘️ 40 l’an passé)
    • Kobo : 17 (= 17 l’an passé)
    • Ko-Fi : 3 (↘️ 17 l’an passé)
    • Autres : 5 (↘️ 13 l’an passé)
  • Papi­er : 84 (↘️ 95 l’an passé)
  • Total : 126 (↘️ 199 l’an passé)

Bon voilà, on ne va pas se men­tir, avec tout en baisse, c’est claire­ment une année creuse, même s’il y a un peu de quoi rel­a­tivis­er (je vais revenir dessus plus loin). Avec mes ventes sur Ama­zon qui con­tin­u­ent de baiss­er comme depuis un paquet d’an­nées : c’est bien, je n’ai même pas à les boy­cotter, ce sont eux qui me boycottent 😀

Si on regarde un peu titre par titre, ça reste à peu près les mêmes ten­dances que l’an­née précé­dente mais en plus petit pour tour le monde : La fusil­lade est une sci­ence sociale con­tin­ue de se ven­dre pas très bien, peut-être parce qu’il s’ag­it d’une suite, même s’il peut être lu indépen­dam­ment ? À l’in­verse, La sor­cel­lerie est un sport de com­bat est encore celui qui se vend le plus, même si avec 41 exem­plaires au total on ne peut pas dire que ce soit un best-sell­er non plus.

Chiffre d’affaire

Main­tenant pour la par­tie financière :

  • Abon­nements (Patre­on) : 570€ (↘️ 849 l’an passé)
  • Roy­al­ties (Amazon/Kobo/BOD pour les livres papiers/…) : 515€ (↗️ 345 l’an passé)
  • Prix libre et ventes directes via le site : 1059€ (↗️ 989 l’an passé)
  • Total des revenus auto-édi­tion : 2166 € ((↘️ 2168 l’an passé)

Qu’est-ce qu’on peut con­clure de tout ça ? Déjà, je voudrais remerci­er du fond du cœur toutes les per­son­nes qui m’ont soutenu d’une façon ou d’une autre 💜💜💜 Dans une péri­ode où c’est sans doute com­pliqué finan­cière­ment pour beau­coup, ce n’est pas rien et c’est tou­jours assez fou de me dire que des gens me paient pour partager mes rêver­ies et pas pour que je fasse un boulot chiant.

D’un autre côté, on ne va pas se men­tir, ce n’est mal­heureuse­ment pas non plus une somme suff­isante pour vivre juste avec ça (surtout que c’est le chiffre d’af­faires et pas les revenus). Heureuse­ment qu’il y a le RSA, mais avec les ten­dances actuelles à vouloir faire boss­er les allo­cataires je ne sais pas si ça va dur­er et, on ne va pas se men­tir, c’est peut-être ma source d’an­goisse prin­ci­pale en ce moment (ou, en tout cas, une de mes sources d’an­goiss­es prin­ci­pales, mais on est dans un bil­let de bilan sur l’au­to-édi­tion et pas dans un moment de panique sur l’avenir de l’hu­man­ité), d’au­tant qu’à l’heure où j’écris ces lignes j’at­tends un peu de voir à quelle sauce je vais être mangée par France Travail.

Enfin, les gens les plus per­spi­caces auront peut-être remar­qué que s’il y a une baisse notable des ventes, il y a aus­si eu plus de revenus liés à ces ventes. Qu’est-ce à dire que ceci ? Eh bien, je vois deux raisons.

D’abord, il y a pas mal de vire­ments qui arrivent quelques mois après les ventes effec­tives, donc mal­heureuse­ment la baisse des ventes 2025 ris­quera de surtout se faire sen­tir dans le bilan 2026. Oups !

Mais aus­si, et c’est le point sur lequel je voulais revenir : en dehors des ventes par des dis­trib­u­teurs ou des plate-formes, les romans que j’au­to-édite (en dehors des ver­sions un peu en avance pour les abonné·e·s Patre­on) sont disponibles à prix libre inté­gral : vous pou­vez les lire gra­tu­ite­ment en numérique, mais, si vous aimez, c’est bien­venu de faire un don. 

Ce qui est chou­ette, c’est que le fait de ne pas met­tre de vrai pay­wall n’a pas entrainé de perte de revenus, tout en per­me­t­tant (je l’e­spère !) à plus de per­son­nes d’y avoir accès. Le seul point un peu « négatif », c’est qu’actuelle­ment ça rend assez com­pliqué de compt­abilis­er ces ventes à prix libre, vu que je reçois juste un don et que je ne sais pas for­cé­ment à quel(s) livre(s) l’at­tribuer. Donc ça vient un peu nuancer la baisse des ventes, même si ça n’ex­plique pas tout.

Et, plutôt que de pleur­nich­er sur le peu de ventes (comme j’ai pu le faire sur Mastodon) je préfère tir­er de ça une cer­taine fierté : certes d’un point de vue légitim­ité insti­tu­tion­nelle, ça n’aide vrai­ment pas, mais d’un autre côté je suis assez con­tente de me dire que l’essen­tiel de la dif­fu­sion de mes œuvres se fait avec une rel­a­tive indépen­dance des grandes entre­pris­es cap­i­tal­istes (rel­a­tive, parce qu’après il y a la ques­tion des inter­mé­di­aires de paiement et là c’est une autre paire de manches).

Pour conclure

Hon­nête­ment, la péri­ode est rude, et con­tin­uer à faire de l’«art» est dif­fi­cile. Et, en même temps, ça me parait plus impor­tant que jamais et, si dans les bilans des années précé­dentes j’é­tais sou­vent un peu morose, là je me sens plus déter­minée qu’autre chose. Quoiqu’il arrive, je vais con­tin­uer à créer mes petites his­toires, sous une forme une autre, et à les partager, parce qu’une leçon que j’ai appris — que vous m’avez appris, quelque part — c’est que c’est futile et dérisoire, certes, mais que ce n’en est pas moins impor­tant.

Con­tin­uez à créer, peu importe à quel niveau, con­tin­uez à lire, à écouter, à regarder, à jouer à des œuvres créées par des per­son­nes. Con­tin­uez à résister. 

💜,

Lizzie

Auteur / autrice


A propos Lizzie Crowdagger

Écrivaine holistique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *