Le blog de Lizzie Crowdagger

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Elle est choquée par les enseignants qui jettent leurs livres ; ses raisons vont vous surprendre !

, 22:53 - Lien permanent

Pour protester contre la réforme des retraites, des enseignants ont jeté des manuels scolaire, dans la foulée d’autres professions, comme les avocats qui avaient jeté leur robe. Si l’action a été contesté par un certain nombre d’internautes et d’intellectuels dénonçant l’affront et la désacralisation faite aux livres, c’est pour de toutes autres raisons que Lizzie C. s’offusque :

« Je ne comprends pas l’intérêt de faire grève si c’est pour faire du travail gratuit. Est-ce que moi je fais grève en donnant des cours gratuitement ? ».

Lizzie est en effet stress-testeuse de livres. Une profession nouvelle, mais auxquels les éditeurs recourent de plus en plus pour évaluer en amont la solidité de leurs ouvrages.

« On commence par brûler des livres, explique-t-elle, et ensuite on fait un rapport détaillé sur la manière dont le feu s’est propagé, les odeurs émises, si cela a émis des fumées toxiques. »

Ses prestation dépendent cependant des éditeurs : certains ne prennent que le forfait de base, qui n’assure que le minimum vital en terme de solidité.

« Le jet de livres, c’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Déjà, il faut le jeter correctement, éviter de l’envoyer à l’horizontal et fermé, mais s’assurer qu’il s’ouvre et que les pages volent dans tous les sens. Mais, honnêtement, à part ceux qui ont une reliure vraiment minable, ce n’est pas là qu’on détecte soucis de solidité. »

Lizzie ne travaille pas seule : elle est épaulée par son chat.

« Les pages d’un livre ne résistent jamais aux griffes d’un chat qui s’enthousiasme dessus, mais il y a d’autres facteurs. Il y a des odeurs qui sont plus ou moins attirantes, des couvertures qui résistent mieux à un chat qui se détartre les dents dessus. Et après, il y a les tests liquides. On pourrait croire que tous les livres sont égaux face à l’urine de félins, mais certains ont les pages qui collent plus, ou l’encre qui s’efface. D’autres ont les pages déjà jaunies de base et s’en tirent presque sans égratignure. À part l’odeur, pour laquelle on ne peut pas faire grand chose. »

Malheureusement, avec la multiplication du nombre de sorties et la diminution des ventes par titre, de plus en plus d’éditeurs rechignent à avancer l’argent pour s’assurer que leur livre passe les tests les plus poussés.

« Vous savez, l’image du type qui se fait tirer dessus et s’en sort parce qu’il avait une bible dans la poche ? Bon, déjà, la plupart des livres que j’ai eu l’occcasion de tester ne permettent pas d’arrêter un calibre comme le 9mm, même s’il y a des exceptions. Mais maintenant, les éditeurs ne s’embêtent même plus à vérifier ce genre de choses, au détriment de la sécurité de leurs lecteurs. »

La sécurité, c’est ce qui l’a poussée à quitter son ancien métier. Avant, Lizzie testait la sécurité des voitures, mais elle a eu des problèmes pendant la loi travail après l’incendie du véhicule d’un ouvrier au SMIC qui avait travaillé toute sa vie pour se payer une Porsche.

« Je trouve abusé qu’on dise que c’était de ma faute. Je n’ai fait que jeter un cocktail Molotov, pour tester. Je n’y suis pour rien si les flammes ont aussi bien pris. En vérité, ce type aurait dû me remercier de lui avoir montré que sa voiture était aussi peu ignifugée. »

Interrogée sur ce qu’elle pense des réactions hostiles à sa profession qui détruit des livres, Lizzie balaye les critiques d’un revers de la la main.

« Je ne comprends pas ces reproches. Pour moi aussi, le livre est sacré, une fois que je l’ai sacrifié. C’est la putain d’étymologie. »

À méditer…

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