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Sur les pas de Colonel Hipster, notre super-héros national

, 12:22 - Lien permanent

Si l’affaire qui fait grand bruit en ce moment est celle d’Alexandre Benalla et ses attributions obscures, nous avons, pour notre part, décidé de suivre une journée dans les pas d’un autre homme de l’ombre de l’Élysée, Colonel Hipster.

Hormis des rôles de protection du Président de la République lors de ces déplacements, rien à voir cependant entre les deux hommes : là où Alexandre Benalla a soulevé les critiques de l’opposition comme de syndicats de police, Colonel Hipster ne suscite qu’éloges et approbations, depuis les rangs de la majorité jusqu’à Jean-Luc Mélenchon, en passant par José Bové.

Souvent comparé à son « homologue » outre-atlantique Captain America, Colonel Hipster assure pourtant avoir très peu en commun avec cet individu.

« Captain America, c’est la malbouffe et les produits transgéniques pour devenir plus fort. Moi, je ne dois mes pouvoirs qu’à une alimentation saine et à de l’exercice régulier. Par exemple, je ne me déplace qu’en vélo, cela me permet ainsi de réduire mon empreinte carbone. »

Humble, Colonel Hipster préfère ne pas détailler l’étendue de ses super-pouvoirs. Interrogé sur les rumeurs qui voudraient que sa barbe soit en adamantium et lui permette d’esquiver les balles, il rigole d’abord, avant de répondre :

« J’entretiens ma barbe avec une huile dont la recette m’a été confiée par mon arrière grand-père. Je peux vous assurer qu’il n’y a que des produits végétaux issus de l’agriculture biologique. Pas de saleté de métal composite ! »

Au cours de notre journée à le suivre, nous n’avons pas pu assister aux pouvoirs de cette mythique barbe, mais nous avons pu constater l’efficacité de Colonel Hipster. Ainsi, alors qu’un dangereux individu tout de noir vêtu s’engage dans l’Élysée, un pistolet à la main, Colonel Hipster est bien évidemment le premier à bondir et à se mettre sur son chemin.

Le dangereux malfrat pointe alors son pistolet sur notre super-héros national et appuie sur la détente, mais heureusement, l’arme s’enraye, comme désarmée face à la force tranquille de son adversaire.

« C’est ce qui arrive quand on utilise un pistolet discount, probablement fabriqué dans les pays de l’est !, nous explique Colonel Hipster. C’est pourquoi j’ai, de mon côté, fait faire revolver sur mesure par un artisan local. Quand aux balles, je les façonne moi-même avec de la poudre bio. »

Alors qu’un homme de la GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République) lui tend un serre-flex pour menotter l’individu, Colonel Hipster refuse et préfère utiliser de la corde en chanvre tressé.

« Les serre-flex, ce n’est pas bio-dégradable, alors que la corde on peut la réutiliser, et quand on connaît les bons nœuds de marins, on ne s’en dégage pas facilement. »

Si les missions de Colonel Hipster sont avant tout la protection du Président de la République et la défense des intérêts nationaux, il mouille parfois aussi la chemise pour des tâches moins stratégiques.

« L’autre jour, nous explique-t-il, le chat de ma voisine était bloqué sur un arbre. Je l’ai donc fait descendre en coupant l’arbre (grâce à la hache que m’a fabriquée un ami forgeron) et le tour était joué ! J’ai également découpé l’arbre en planches et ai pu me fabriquer un très joli meuble. »

Les interventions de Colonel Hipster sont pratiquement toujours saluées unanimement. Nous avons tout de même réussi à trouver quelques trouble-fêtes pour critiquer les agissement de notre fleuron national :

« Écoutez, mon chat il allait redescendre. Et l’arbre je l’aimais bien, il me faisait de l’ombre en été. Alors d’accord Colonel Hipster m’en a planté un nouveau mais le temps qu’il me fasse de l’ombre je ne serai plus là. », témoigne ainsi Gisèle, 83 ans.

C’est pourtant l’une des rares paroles que nous trouverons pour critiquer le super-héros. Même certains des individus à qui il a dû s’opposer vouent une certaine admiration pour l’homme :

« J’ai rencontré Colonel Hipster alors que j’avais un cocktail Molotov dans la main, témoigne ainsi Stéphane, ancien Black Bloc. Il s’est planté devant moi sans avoir peur et m’a signalé que l’essence que contenait la bouteille contenait des hydrocarbures nocifs pour la planète, et que je prétendais lutter contre le capitalisme alors que je portais un tee-shirt fabriqué dans une usine en Chine. J’ai réalisé mon erreur grâce à lui, il m’a remis sur le droit chemin. »

Depuis, Stéphane a monté un salon de dégustations de yahourts bio. Malheureusement, toutes les situations ne peuvent pas être résolues de manière aussi non-violentes.

« Bien sûr, Colonel Hipster fait parfois usage de la force, admet Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’Inpection Générale de la Police Nationale (IGPN), mais toujours de la violence légitime avec des gestes techniques parfaitement maîtrisés. »

Pour illustrer son propos, elle nous montre une vidéo, où l’on voit Colonel Hipster donner un coup de pied dans la tête d’un manifestant à terre.

« Regardez ce coup de pied, admire la directrice de l’IGPN, il est absolument parfait, effectué dans les règles de l’art, il n’y a rien à reprocher. »

De son côté, Colonel Hipster n’a pas honte d’avoir parfois recours à la violence, mais il n’en est pas non plus excessivement fier. Ce qu’il préfère noter dans la vidéo, c’est que sa botte est en cuir véritable et a été réalisée par un petit cordonnier.

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