Le blog de Lizzie Crowdagger

Ici, je discute écriture et auto-édition, fanzines et livres numériques, fantasy et fantastique, féminisme et luttes LGBT ; et puis de mes livres aussi quand même pas mal
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - enfants de mars et de vénus

Fil des billets Fil des commentaires

Des lesbiennes, des vampires, des flingues et des motos : émission d'On est pas des cadeaux à réécouter

, 21:10

Bon, le dimanche n’était pas folichon, mais l’émission On est pas des cadeaux sur Radio Canut de vendredi dernier, et la rencontre de samedi à la librairie Terre des livres étaient des moments chouettes, avec pas mal de rencontres et des discussions intéressantes :)

Un grand merci à l’ensemble de l’équipe d’On est pas des cadeaux, ainsi qu’aux libraires de Terre des livres, et à toutes les personnes qui ont fait le déplacement ❤

Pour les personnes qui l’auraient raté au moment de la diffusion et voudraient l’écouter, il est possible de réécouter l’émission de radio d’On est pas des cadeaux ici.

Retour sur "Enfants de mars et de Vénus" #2 : Lev, grosse butch fantastique

, 14:28

Dans les épisodes précédents

enfants-mini.png J’ai écrit un livre, Enfants de Mars et de Vénus, un polar fantastique paru le 23 février dernier aux éditions Dans nos histoires. Il peut être acheté en librairie ou commandé directement sur le site de l’éditeur pour le prix de 12€. Si c’est trop cher ou que vous voulez regarder à quoi ça ressemble avant, le livre peut être également être lu gratuitement dans son entièreté, également sur le site de l’éditeur.

Suite à ça, j’ai décidé d’écrire quelques articles de blog pour revenir sur l’écriture de ce livre. Dans le précédent, Alys et les clichés trans, j’expliquais comment j’avais eu l’idée du personnage d’Alys, sorcière trans dans un monde fantastique ; mais que, même avec cette idée de protagoniste et un début d’intrigue en tête, j’avais ensuite eu un blocage.

Le problème

Rétrospectivement, je pense que le problème était qu’Alys jouait le rôle du personnage mystérieux et un peu « barré », et que je voulais absolument lui mettre dans les pattes un personnage jouant le rôle de la « raison », et aussi du personnage plus « normal » auquel un lecteur lambda est censé pouvoir s’identifier plus facilement. Par ailleurs, comme il s’agit d’un univers fantastique, où le surnaturel s’immisce dans le monde réel, ce personnage avait aussi pour fonction de douter. Le résultat, c’est que c’était chiant, et que ce personnage était juste un boulet à l’intrigue. Certes, il ou elle (suivant les versions) avait les réactions à peu près normales qu’une personne à peu près saine d’esprit devrait logiquement avoir dans ces circonstances ; le problème, c’est que ça nuisait au dynamisme de l’histoire, puisqu’en général, en tant que lecteur ou lectrice, on a envie de découvrir l’intrigue et le mystère, pas qu’un des protagonistes fasse tout pour l’éviter. Ça n’allait pas du tout avec l’esprit du roman, bref c’était un peu nul.

Le personnage auquel le lecteur lambda peut s’identifier

Ce qui m’amène à faire une petite parenthèse sur cette idée qu’il faut absolument que l’histoire soit racontée du point de vue d’un personnage auquel le lecteur lambda puisse s’identifier, et surtout pas du personnage un peu hors-norme. L’idée, en gros, c’est que le lecteur découvre les choses en même temps que le personnage. Ça n’est pas forcément nocif : par exemple, que les romans Sherlock Holmes soient racontés du point de vue de Watson n’est pas gênant et, au contraire, je pense qu’on peut argumenter que ça marche à peu près bien. Et parfois, c’est moins réussi, ça rajoute des personnages un peu inutiles (comme le personnage de l’agent du FBI dans l’adaptation en film d’Hellboy, qui a d’ailleurs disparu dans le 2), mais bon, ce n’est pas dramatique.

Le problème, c’est que « lecteur lambda », ça vient avec son lot de suppositions : déjà, j’ai mis au masculin, mais en général ça va aussi être calibré pour quelqu’un de blanc, d’hétérosexuel, cis, etc. Et donc, lorsque l’on parle de thématiques LGBT, il y a toujours cette tendance à vouloir avoir un protagoniste un peu en dehors de ça pour que l’histoire reste accessible aux « gens normaux ». Parce que voilà, le problème de ce procédé narratif dans ce genre de cas, c’est que quand c’est appliqué par exemple pour des thématiques LGBT, ça renvoie vite le message, au final, qu’il y a la norme straight d’un côté et les bizarreries LGBT de l’autre qu’il faut impérativement expliquer aux gens normaux.

(Évidemment, on peut jouer là-dessus. Par exemple, dans Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), Cassandra joue ce rôle de personnage « normal », qui n’est ni une vampire, ni une louve-garou, ni une sorcière, et découvre plus ou moins cet univers en même temps que le lecteur ou la lectrice. Dans ce cas, je trouvais intéressant de faire notamment de sa transidentité, non pas un élément de « bizarrerie », mais justement quelque chose qui ancrait le récit dans le monde réel par rapport aux éléments surnaturels.)

Quand j’avais ce projet en tête, ce n’était pas quelque chose que je me disais consciemment, en mode « il faut un héros hétérosexuel et cis plus ou moins normal pour faire en sorte que le lecteur ne soit pas trop rebuté par la thématique trans » ; mais c’était quelque chose qui était forcément dans un coin de ma tête et qui venait de la façon dont ce genre d’histoires est souvent structuré.

Le fantastique

Un autre problème avec le(s) personnage(s) « point de vue » que j’avais en tête à la base, c’est le rapport au fantastique, c’est à dire à l’immersion du surnaturel dans le monde réel. Le problème de mettre un personnage ayant des réactions à peu près « normales » dans ce genre de cas, c’est que, forcément, on passait beaucoup de temps à se demander « est-ce que c’est réel ou pas ? comment est-ce possible ? est-ce que le personnage est en train de sombrer dans la folie ? ». Certes, c’est un peu la base du fantastique, mais autant s’attarder sur ce genre de considérations marche bien pour un roman d’horreur, autant pour quelque chose à la tonalité un peu plus rock’n roll, c’est moins adapté. Or, Enfants de Mars et de Vénus est quand même moins inpiré de Lovecraft que de Doom (à qui il doit d’ailleurs en partie son titre).

Lev

Et puis, un jour, j’ai eu l’idée du personnage de Lev, une grosse butch plutôt bourrine, qui n’a pas peur de grand-chose, a une tendance au doute assez limitée et, même quand c’est le cas, qui est plutôt « dans le doute, on n’a qu’à cogner » que « est-ce que tout ça est bien réel ? ». J’ai commencé à écrire quelques bouts de texte avec elle, et je l’ai faite interagir avec Alys, à la base juste pour une nouvelle et sans me dire que j’allais l’utiliser pour ce projet-là. Sauf que j’ai réalisé tout de suite que ça marchait super bien et ça m’a complètement débloquée.

Du point de vue de l’autrice, ce qui était super cool avec Lev, c’est qu’elle avait une « voix » assez forte, ce qui permet de donner le ton tout de suite. Évidemment, ça ne règle pas tous les problèmes de construction d’intrigue, mais avec juste quelques lignes je savais tout de suite à quoi l’histoire allait ressembler, pas juste dans ce qu’elle racontait (je savais déjà, bien avant, ça que je voulais une enquête avec de la sorcellerie où les thématiques trans avaient une certaine importance), mais surtout comment elle allait être racontée, et à quoi elle pourrais ressembler, non pas dans ma tête, mais une fois couchée sur papier.

Un côté plus personnel

Je n’aime pas trop donner de détails sur ma vie privée, mais je pense que c’est dur de parler de Lev sans dire que c’est sans doute un des personnages que j’ai écrits dans lequel je me projette le plus, qui m’a en partie permise de me construire (et je ne prétends pas qu’elle était forcément une bonne influence, notez bien). Je pense que si elle a eu un aspect aussi libérateur sur l’écriture de ce roman, c’est aussi pour ça. C’est dur de vraiment décrire sans rentrer dans les détails, mais disons qu’elle m’a permis de lever des barrières que j’avais dans ma tête, et de m’autoriser des choses que je ne m’autorisais pas.

Un roman qui devient « communautaire »

Bref, l’irruption de Lev réglait un peu tous les problèmes que j’avais pour écrire ce roman. Sauf qu’évidemment, avec un personnage qui correspond un peu à tous les clichés qu’on peut avoir en tête quand on entend le mot « gouine » (plus peut-être quelques autres auxquels on ne pense pas forcément), l’idée d’avoir un personnage auquel le lecteur « lambda » peut s’identifier, c’était un peu mort.

À l’inverse, ça devenait tentant de jouer aussi un peu sur les clichés dans les représentations sur les lesbiennes dans la fiction : psychopathe, prête à trahir son amante à la moindre occasion, et (comme pour les personnages de meuf trans) avec une tendance à mourir avant la fin de l’histoire.

Le problème d’être en dehors des clous

Il y a eu ensuite Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), qui reprenait les mêmes ingrédients, mais à l’époque, ça n’allait pas de soit, pour moi, d’écrire un roman qui soit à ce point « communautaire ». C’était une période où, après avoir publié des textes en ligne de manière complètement gratuite, j’envisageais plutôt de passer par un éditeur, et je savais qu’un bouquin qui parlait aussi frontalement de ces thématiques n’allait pas être simple à « vendre ».

Même maintenant, ça m’arrive de me demander si je n’aurais pas plus de « succès » (à supposer que le terme veuille dire quelque chose en soi) si je faisais des choses un peu plus calibrées, qui correspondent un peu plus aux codes des genres (littéraires) tels qu’ils existent actuellement. Et en même temps, je repense au bien que ça m’a fait d’écrire ce genre de personnage, et je me dis que si des personnes peuvent ressentir 10% de cet effet, ben ça vaut le coup, et quelque part c’est plus important et ça a plus de sens que d’écrire un énième roman de fantasy avec un élu qui sauve le monde de la prophétie.

Bref

Bref, tout ça pour dire que je suis contente qu‘Enfants de Mars et de Vénus soit enfin sorti, et que les personnages d’Alys et de Lev soient enfin publics, surtout que j’ai un rapport assez particulier avec cette dernière.

J’en profite pour rappeler que je serai présente à la librairie Terre des livres à Lyon pour parler un peu autour de ce livre (et éventuellement pour des dédicaces, il paraît que c’est quelque chose qui se fait). La veille (le 21 avril, donc), je serai également présente à l’émission de radio On est pas des cadeaux sur Radio Canut 102.2 FM.

Rencontre autour d'Enfants de Mars et de Vénus à la librairie Terre des Livres (Lyon) le 22 avril

, 17:47

J’ai le grand plaisir de vous annoncer que je serai présente le samedi 22 avril à la librairie Terre des livres, à Lyon, à 15h, pour une rencontre autour du polar fantastique (avec des lesbiennes, des flingues, de la sorcellerie, des motos et des camions) Enfants de Mars et de Vénus (publié en février dernier aux éditions Dans nos histoires).


Et un plaisir ne venant pas seule, je serai également présente la veille à l’émission de radio On est pas des cadeaux, sur Radio Canut (102.2 FM) de 17h à 18h.

Hey…
… Tu connais l’autrice qui écrit des livres de SF avec des gouines, du sang, de la passion pour les luttes, de la drague, des vampires, de la révolte et plein de force?…
Hey…
… Tu sais qu’elle sera présente à la librairie Terre des livres le Samedi 22 Avril à 15H00…
… Et que tu pourras lui faire dédicacer ton exemplaire d”Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)” ou de “Enfants de Mars et de Vénus”…
… Ou juste écouter parler Lizzie Crowdagger de ses inspirations féministes…
Bref, ramène toi au 86 Rue de Marseille Lyon 7ème, le Samedi 22 Avril à 15H00 pour qu’on vive un petit ensorcellement collectif!
… Et comme ça ne nous suffit encore pas, Lizzie Crowdagger sera présente sur les ondes de la plus rebelle des radios 102.2fm le vendredi 21 Avril à 17H00 dans l’émission On est pas des cadeaux!

 

Retour sur "Enfants de Mars et de Vénus" #1 : Alys et les clichés trans

, 13:27

J’ai décidé de faire quelques articles pour revenir un peu sur Enfants de Mars et de Vénus, maintenant qu’il est sorti, à la fois pour prendre le temps de regarder en arrière avec un peu de recul, et éventuellement pour donner une sorte de Making of pour ceux et celles que ça intéresserait.

Enfants de Mars et de Vénus

enfants-mini.png Mais avant d’en parler, rappelons tout de même qu‘Enfants de Mars et de Vénus est un polar fantastique. Le livre est paru le 23 février dernier aux éditions Dans nos histoires, et peut être acheté en librairie ou commandé directement sur le site de l’éditeur pour le prix de 12€. Si c’est trop cher ou que vous voulez regarder à quoi ça ressemble avant, le livre peut être également être lu gratuitement dans son entièreté, également sur le site de l’éditeur.

Dans cet article je ne spoilerai a priori pas grand chose de l’œuvre, donc si vous ne l’avez pas (encore) lue vous pouvez continuer cet article sans risques :)

Par rapport à Une autobiographie

Le premier jet d‘Enfants de Mars et de Vénus a été écrit en 2008 et 2009, ce qui remonte déjà un peu. Il a donc été écrit avant Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), même s’il est sorti après. Ça n’a pas forcément une grande importance, mais ça peut être utile pour situer.

Par ailleurs, Enfants de Mars et de Vénus a été écrit juste avant Une autobiographie transsexuelle avec des vampires (dont le premier jet a été écrit entre 2010 et 2011), ce qui explique en partie qu’ils aient certaines thématiques communes (notamment le fait de pas mal parler lesbianisme et transidentité)[1]. L’angle d’approche est sensiblement différemment, l’univers n’est pas le même, il n’y a donc pas de personnages en commun, mais d’une certaine manière on peut voir les deux œuvres comme deux manières différentes de traiter le même thème, tout simplement parce qu’il y avait des idées que j’avais au moment d’écrire Enfants de Mars et de Vénus que je ne pouvais pas inclure dans l’œuvre et qui se sont donc retrouvés dans Une autobiographie.

Je ne vais pas revenir plus en détail sur Une autobiographie (j’avais écrit quelques billets à propos de cette œuvre, sur la politique et représentation, les méchants, et la narration à la première personne). Je ne vais pas non plus faire ici un comparatif détaillé entre ces deux œuvres ; juste admettre qu’elle sont, par certains côtés, assez similaires (pas sur tout, évidemment).

À l’origine, le personnage d’Alys

Mais revenons-en à Enfants de Mars et de Vénus, et à sa « génèse ». Tout a commencé avec l’idée du personnage d’Alys, qui m’est venue en tête quelques années encore avant de commencer à écrire ce roman (ce qui doit nous situer autour de 2005 et ne nous rajeunit vraiment pas). Dès le début, j’avais envie d’écrire sur un personnage trans. À cette époque, je découvrais un peu le militantisme LGBT, et les luttes trans qui commençaient à être un peu plus visibles ; j’avais déjà écrit Pas tout à fait des hommes, qui a comme protagonistes un couple de femmes ainsi qu’un personnage secondaire gay. Je précise qu’à ce moment-là, je pensais juste avoir un personnage trans et pas parler de thématiques trans. La limite peut paraître ténue, mais dans le second cas, ça veut dire que ça a aussi une certaine importance pour l’histoire, alors que dans le premier, pas forcément.

 La découverte des clichés trans

Ce qui a pas mal changé les choses, du moins pour Enfants de Mars et de Vénus, c’est que je me suis intéressée à la représentation des personnages trans dans la fiction. Et, très honnêtement, il n’y avait pratiquement que des clichés et des représentations pourries. Même pour les représentations qui semblaient les meilleures, une rapide recherche révélait plein de critiques, en général quand même assez pertinentes.

Maintenant, il faut dire un mot sur ma façon d’écrire. Globalement (un peu moins maintenant, je trouve, mais beaucoup à l’époque), j’aime bien jouer avec les clichés. Il faut être honnête : c’est assez facile, parce qu’on a plein de matériel de base, et en plus on peut passer pour intelligente à peu de frais : « ah ah, regardez, vous pensez que je vais reproduire un cliché, mais en fait je m’en moque ». J’avais auparavant, dans Pas tout à fait des hommes (et dans le texte précédent situé dans le même univers, l’Énième Prophétie), joué un peu avec les clichés présents dans la fantasy. Le problème, c’est qu’en fantasy, même les détournements ont probablement déjà été vus quinze fois, et j’avais honnêtement un peu l’impression de faire du sous-Pratchett.

Les clichés trans, en revanche, c’était autre chose (et ça l’est toujours). Une tonne de clichés pourris, mais à peu près aucune œuvre qui jouait avec, les critiquait, s’en distanciait. Même pour les représentations de personnages homos ou bis, on trouvait, d’une part des représentations positives (plus maintenant qu’il y a dix ans, certes) et d’autre part des œuvres qui se moquaient des clichés. Là, il n’y avait rien ou presque. C’était une opportunité en or.

(Évidemment, je caricature un peu les choses. Je ne me suis pas dit « oh, sur quelle minorité y-a-t-il des clichés que je pourrais détourner pour devenir riche et célèbre » ; il y avait avant tout une certaine frustration à voir que sur ce sujet, beaucoup d’œuvres de fiction étaient incapables de faire autre chose que de se vautrer dans le cliché dégueulasse.)

Je ne vais pas faire ici une liste détaillée de ce genre de clichés ; voilà tout de même quelques exemples, souvent repris sans sourciller alors que quand on prend la peine d’y réfléchir un peu on peut imaginer des façons de les traiter qui non seulement soient moins pourries d’un point de vue politique, mais aussi qui donnent une histoire à mon avis plus intéressante :

  • le classique : le héros découvre que la meuf qu’il a embrassée est trans, alors il vomit et on est censé compatir avec lui ou se dire « ah, ah, il s’est fait avoir » ;
  • la focalisation sur la « transformation », avec révélation sur l’« avant » ou encore sur le processus de féminisation pour bien montrer que les meufs trans ont une féminité artificielle (la masculinité, elle, étant neutre et naturelle) ;
  • les meufs trans qui veulent « s’approprier la féminité » des femmes, de manière figurée ou façon Le silence des agneaux (œuvre qui, sans trop spoiler, a pas mal influencé Enfants de Mars et de Vénus) ;
  • tout le côté « j’ai un lourd secret à te révéler » ;
  • évidemment, les personnages de meufs trans qui ont tendance à finir par se faire buter.

C’est donc comme ça que la transidentité d’Alys est devenu un élément un peu plus central au récit que ce que j’avais en tête à la base.

L’univers

Cet élément a aussi un peu joué sur l’univers que j’avais en tête. Au tout début, j’avais en tête un univers plus orienté futuriste et science-fiction (mais avec quand même de la magie) ; le fait de donner plus de place à des thématiques un peu sérieuses m’a poussée à ancrer le récit dans un monde plus proche du nôtre. D’autant plus qu’un des clichés sur les représentations de personnages trans dans la fiction c’est de présenter comme de la fiction, je n’avais pas envie que la transidentité d’Alys puisse être mis sur le même plan que ses nanomachines et son bras cybernétique[2]. L’univers reste tout de même fantastique : il s’agit d’un monde proche du nôtre mais où les rêves ont un peu plus tendance à s’immiscer dans la réalité.

Une protagoniste… et un blocage

À ce moment-là, j’avais une idée assez claire du personnage d’Alys : une sorte de pseudo-sorcière tendance punk, pas mal influencée (je dois bien le dire) par le personnage de John Constantine dans le comics Hellblazer (créé à l’origine par Alan Moore), et les sorcières du Disque-Monde par Terry Pratchett. J’avais une idée du caractère du personnage, comment elle parlait, ses motivations. Bref, ça aurait dû rouler.

Assez vite, j’ai écrit une nouvelle avec ce personnage et dans cet univers : Créatures de rêve. J’étais plutôt contente de ce texte et, encore aujourd’hui, ça fait partie des nouvelles que j’ai écrites que je préfère[3].

J’ai cependant longtemps coincé sur le passage au format « roman » : je savais que je voulais une enquête, des personnages un peu gauchistes, mais tout était très flou, rien, à part le personnage central, ne me plaisait vraiment, et j’ai arrêté deux premiers jets parce que je n’allais nulle part.

L’arrivée de Lev

Les choses se sont débloquées lorsque j’ai eu l’idée du personnage de Lev, et d’en faire la narratrice. Au lieu d’avoir quelque chose de boîteux, il y avait une alchimie qui fonctionnait bien, en tout cas qui me plaisait, et j’ai finalement réussi à écrire la première version d‘Enfants de Mars et de Vénus assez vite. Mais c’est une autre histoire, et je parlerai du personnage de Lev dans l’article suivant.

Notes

[1] Pour celles et ceux que ça intéresse, les personnes de Bull et Valérie dans Une autobiographie sont aussi à la base plus ou moins inspirés de Lev et Alys dans Enfants, même s’ils ont par la suite évolué différemment.

[2] Je ne désespère cependant pas d’écrire un jour une suite où elle finira par acquérir des nanomachines et un bras cybernétique, parce que l’idée était quand même cool.

[3] Même si je l’ai pas mal réécrit récemment, en partie pour que ce soit un peu plus complémentaire et moins redondant par rapport à Enfants de Mars et de Vénus

Billets connexes

Le 15 février à Violette and Co (Paris) : rencontre pour présenter Enfants de Mars et de Vénus

, 16:31

Je serai à Paris le 15 février à la librairie Violette and Co, à l’occasion du festival des Cultures LGBT, pour discuter autour d‘Enfants de Mars et de Vénus. En plus de présenter le livre, je parlerai (sans doute) de la représentation des lesbiennes et femmes trans dans la fiction, les clichés, comment jouer avec, etc.

Ce sera à 19h, à la librairie Violette and Co, 102, rue de Charonne, Métro Charonne (9) ou Faidherbe-Chaligny (8).

Enfants de Mars et de Vénus

enfants_couv_png.png

Enfants de Mars et de Vénus est un polar fantastique, édité par Dans nos histoires, qui sortira officiellement le 23 février prochain. Il s’agit donc d’une avant-première exclusive !

« Sauf qu’on n’est pas un couple, a tranché Alys.

— Vraiment ? ai-je demandé, un peu surprise.

— Lev, je t’aime bien, mais pour l’instant on a à peine couché deux fois ensemble et, pour ce que j’en sais, tu couches avec toutes les filles trans que tu rencontres. »

J’ai levé ma main en signe de protestation.

« Ce sarcasme est complètement infondé. Et puis, qu’est-ce que tu fais des lacrymos, des machos, des bastons avec les skins, des interrogatoires musclés et tout ça ? Ça ne compte pas, pour toi ?

— Si, mais ça correspond plus à la description d’un gang que d’un couple. »

J’ai haussé les épaules.

« D’accord, ai-je concédé. Être en gang, ça me va aussi. »

La librairie Violette and Co

« Violette and Co, c’est une librairie de 80 m2 consacrée aux textes et aux images qui mettent en valeur les femmes et les homosexualités sous toutes leurs formes.

Romans, essais, beaux livres, polars, BD, revues… sont rassemblés dans un espace unique où se rencontrent les féminismes, les réalités — et les imaginaires — lesbiens, gais et trans, et toutes les questions de genre.

C’est un lieu lumineux, chaleureux et animé qui invite toutes celles et tous ceux qui aiment les littératures hors des sentiers battus et qui s’interrogent sur nos sociétés. Nous y proposons des ouvrages attachants, rebelles, sensuels, attirants…, des références essentielles, des nouveautés incontournables et, pourquoi pas, des classiques de demain.

Violette and Co c’est aussi un rayon jeunesse qui propose une sélection pleine d’humour et de réflexion, des CD et des DVD, des cadeaux à (s’)offrir. Et parce que si les livres se lisent en solitaire, ils se vivent aussi à plusieurs, la mezzanine est dédiée à l’accueil de rencontres littéraires, de lectures, de débats et d’expositions.

Violette and Co, la librairie des filles et des garçons manqués… et de leurs ami-e-s ! »

Site web : www.violetteandco.com

Le festival des cultures LGBT

« Le Centre LGBT Paris Île-de-France est un acteur incontournable depuis plus de 20 ans de la vie LGBT parisienne et francilienne, dans tous ses aspects. Par ses actions au service des personnes LGBT et de leurs alliés/es ainsi que de leurs droits, et avec les associations qui en sont membres, il participe au développement d’actions dans tous les domaines, et particulièrement dans celui de la culture.

Après le succès de la première édition en 2016, et dans le souhait de renforcer l’offre culturelle accessible à tous et toutes pour promouvoir la visibilité LGBT à Paris et en Île-de-France, le Centre LGBT Paris Île-de-France ouvre à tous les acteurs et toutes les actrices des cultures LGBT sous toutes leurs formes, qu’ils et elles soient des artistes confirmés/es ou amateurs/trices, associatifs/ves ou autres, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre, la seconde édition du Festival des Cultures LGBT du 27 janvier au 17 février 2017.

Vous pouvez consulter le site web du Festival des Cultures LGBT sur festivaldescultureslgbt.org »

Souscription pour Enfants de Mars et de Vénus

, 01:53

J'ai la joie de vous annoncer la sortie prochaine (prévue pour janvier 2016) d'un nouveau roman, Enfants de Mars et de Vénus !

 C'est quoi ?

Enfants de Mars et de Vénus est un polar fantastique. On y suit deux héroïnes, Lev (la narratrice) et Alys. Voici la quatrième de couverture :

« Sauf qu’on n’est pas un couple, a tranché Alys.

— Vraiment ? ai-je demandé, un peu surprise.

— Lev, je t’aime bien, mais pour l’instant on a à peine couché deux fois ensemble et, pour ce que j’en sais, tu couches avec toutes les filles trans que tu rencontres. »

J’ai levé ma main en signe de protestation.

« Ce sarcasme est complètement infondé. Et puis, qu’est-ce que tu fais des lacrymos, des machos, des bastons avec les skins, des interrogatoires musclés et tout ça ? Ça ne compte pas, pour toi ?

— Si, mais ça correspond plus à la description d’un gang que d’un couple. »

J’ai haussé les épaules.

« D’accord, ai-je concédé. Être en gang, ça me va aussi. »

Et une quatrième de couverture alternative :

Lev est une lesbienne motarde. Aussi, lorsqu'elle rencontre la mécanicienne Alys, ce pourrait être le début d'une longue et belle histoire romantique sur fond de bruits de moteur.

Sauf qu'Alys est trans. Qu'elle est soupçonnée d'être une tueuse en série psychopathe – peut-être parce qu'elle est trans, ou peut-être pas. Et qu'elle a des pratiques occultes. Des histoires de sorcellerie qui ne sont peut-être pas sans lien avec les étranges cauchemars dont commence à souffrir Lev.

Mais Lev est bien décidée à ne pas se laisser démonter. Elle pourra heureusement compter sur ses plus fidèles alliés : son poing américain, ses rangers coquées et ses deux best friends for life, M. Smith et M. Wesson.

Donc en gros voilà, ça parle encore de lesbianisme, de motos, de gros flingues et d'explosions.

C'est quoi cette histoire de souscription ?

Ce livre est édité par Dans nos histoires, qui est un petit éditeur associatif. Pour permettre la publication de leurs livres prévus pour 2016 ils lancent donc une souscription, c'est-à-dire que vous pouvez les précommander : vous les payez maintenant (ou demain, vous avez jusqu'au 10 janvier) et vous les recevrez au moment de leur sortie. Donc voilà, vous allez là, vous imprimez, vous cochez les livres pour lesquels vous voulez souscrire, et vous envoyez tout ça avec un chèque. Youpi !

Vous pouvez également toujours acheter Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), et comme le fait remarquer l'éditeur ça peut être une bonne idée de cadeau de Noël. Ou de cadeau d'anniversaire si par exemple vous connaissez une personne née à Noël et dont l'anniversaire passe toujours un peu à la trappe parce que c'est Noël, mais je m'égare.

Une petite comparaison foireuse du genre « ça coûte que deux paquets de clopes » pour montrer que c'est pas cher ?

Enfants de Mars et de Vénus ne coûte que 12€, c'est pas cher, c'est le tiers d'une amende pour stationnement interdit, donc si :

  • vous vous êtes garé·e en stationnement interdit mais que vous eu la chance de pas avoir d'amende ;
  • vous avez trouvé une place pour ne pas avoir à vous garer en stationnement interdit ;
  • vous n'avez pas de voiture, et donc vous ne vous garez jamais en stationnement interdit et n'avez pas d'amende à payer ;

hé bien avec l'argent que vous avez économisé comme ça, vous pouvez vous précommander trois exemplaires d'Enfants de Mars et de Vénus !

(Si vous vous êtes pris récemment une amende pour stationnement interdit, désolée pour vous... mais du coup peut-être que vous devriez précommander le livre quand même pour vous remonter le moral ?)