Le blog de Lizzie Crowdagger

Ici, je discute écriture et auto-édition, fanzines et livres numériques, fantasy et fantastique, féminisme et luttes LGBT ; et puis de mes livres aussi quand même pas mal
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Quelques astuces pour l'impression de fanzines

, 15:17

Articles précédents dans la série :

  1. L’auto-édition, pourquoi ?
  2. Typographie, composition et mise en page
  3. Le format EPUB

Cette fois-ci, je voudrais faire un retour d’expérience sur quelque chose qui est rarement abordé dans les conseils pour auto-édité·e·s, ce qui est un peu dommage parce que c’est quand même une méthode Do It Yourself plutôt chouette pour avoir des exemplaires papiers de ses textes (surtout pour des nouvelles) : l’impression de fanzines.

Pré-requis

Évidemment, avant d’imprimer, vous aurez besoin d’avoir une version maquettée, a priori en PDF. Il vous faudra ensuite trouver une boîte à copies (la Corep étant à ma connaissance la plus grande chaîne du genre) pour faire vos impressions. Et là… ça dépendra…

Le cas idéal

Dans le cas idéal, vous aurez une boîte à copies qui dispose d’une de ces imprimantes tout en un qui est directement capable d’imprimer des brochures. À partir d’un fichier au format A4 ou A5 au format « classique » (avec les pages dans l’ordre : 1, 2, 3, … N), elle pourra imprimer des exemplaires au format A4 plié en deux. Pas juste de les imprimer, d’ailleurs, mais aussi de les relier et de les agrafer.

Autant dire que si vous avez ça à côté de chez vous, pour l’impression de fanzines, c’est Noël. Pas besoin de s’embêter, vous pouvez lancer l’impression de cinquante fanzines à la suite, aller manger un kebab, et revenir les récupérer pliés et agrafés. Franchement, c’est le top.

L’imposition (des mains)

Maintenant, dans la plupart des boutiques où je suis allée, il faut se contenter d’imprimer en recto-verso, et plier et agrafer soi-même. Et, surtout, il faut présenter un fichier au format brochure, avec les pages dans un ordre différent pour que ça tombe bien, avec la première et la dernière page au format A5 en vis-à-vis sur la première page au format A4, la seconde et l’avant-dernière sur la deuxième, etc.

Ce procédé s’appelle apparemment l’imposition, et il y a des logiciels qui vous permettent de faire ça, comme BookletImposer en mode interface graphique, ou, sous Linux, si vous avez installé le logiciel pdfjam, avec la commande suivante :

pdfjam entree.pdf --booklet true --landscape --outfile sortie.pdf

Attention : dans le premier cas, il faudra choisir pour l’impression recto-verso « retourner sur le bord court », alors que dans le second ce sera « retourner sur le bord long ». Dans tous les cas, mieux vaut faire un premier test avec un fichier qui ne fait pas trop de pages et sans lancer l’impression à 20 exemplaires…

Et si on n’a pas de recto-verso ?

S’il n’est pas possible d’imprimer en recto-verso, il est évident que ça se complique. Si c’est juste pour tester chez vous et que vous avez une imprimante qui ne fait pas ça, normalement lorsque vous faites « imprimer » vous avez une option « imprimer les pages impaires » et « imprimer les pages paires ». Il suffit donc en théorie d’imprimer d’abord les pages impaires (ou vous pouvez commencer par paires, on s’en fout), puis de remettre les feuilles dans l’imprimante et d’imprimer les autres pages. En pratique, si vous êtes comme moi, il faudra trois ou quatre essais pour comprendre dans quel sens remettre les feuilles pour que ça marche.

La conversion au format brochure directement au moment de l’impression

Si vous avez de la chance, il est possible que les ordinateurs de votre boîte à copie aient une option pour convertir en brochure au moment de l’impression, vous pourrez donc vous passer de la partie « imposition des mains ». Cela dit, ça demande d’utiliser un ordinateur plutôt que de brancher une clé USB sur la photocopieuse/imprimante, et dans beaucoup d’endroits ça vous coûtera le double en unités sur votre carte. Donc, voilà, la conversion faite à l’avance mise sur une clé USB, ça permet des économies.

Et pour le A6 ?

Ok, là on rentre dans un monde de douleur, parce que je n’ai pas trouvé de ligne de commande ou de programme en interface graphique simple qui permettent de faire directement du A6 correctement, où il suffit ensuite de massicoter et de plier.

Le plus « simple » que j’ai trouvé est de commencer par générer votre brochure A5, comme pour l’étape précédente. Il vous faudra ensuite installer un paquet supplémentaire, pdftk, et exécuter la commande suivante pour dupliquer chaque page de la brochure :

pdftk A=brochure_a5.pdf shuffle A A output brochure_dup.pdf

(C’est peut-être possible de faire ça avec pdfjam, mais si c’est le cas je ne sais pas comment.)

Ensuite au lieu de mettre les pages dupliquées à la suite les unes des autres, on va les mettre sur une seule page, en les réduisant de moitié :

pdfjam brochure_dup.pdf --nup 1x2 --outfile brochure_a6.pdf

Cette commande correspond à une imposition en mode « paysage », si vous avez utilisée la commande pdfjam ci-dessus pour l’imposition. Si vous avez fait une imposation en mode « portrait » (en utilisant BookletImposer, par exemple), il faudra mettre --nup 2x1 (deux colonnes, une ligne) au lieu de --nup 1x2 (une ligne, deux colonnes).

Une fois que vous avez fait ça, vous avez la même brochure que votre brochure A5, mais réduite de moitié et avec deux pages par page ; vous n’avez donc plus qu’à l’imprimer, à massicoter au milieu, et à replier chacune des deux parties.

Du moins, en théorie. Si vous êtes comme moi, vous allez merder une paire de fois avant et jeter quelques centaines de pages à la poubelle, et vous dire que le format A5 c’est quand même pas si mal.

Si vous connaissez une méthode plus simple qui ne nécessite pas de passer par des lignes de commandes, n’hésitez pas à le signaler en commentaire.

La couverture

Le plus facile, pour avoir une couverture un peu jolie, est d’en faire un fichier séparé. Pour ça, j’utilise personnellement Inkscape, mais vous prenez ce que vous voulez.

Si vous voulez faire une brochure A6, une fois que vous avez votre couverture A5 (deux pages A6 côte à côte), vous pouvez répéter les mêmes lignes de commande que ci-dessus. Ou, alternativement, juste changer la dimension de la page dans Inkscape (ou le programme que vous utilisez) et faire un copié/collé manuel, vu qu’il n’y a qu’une page.

Avoir des fichiers séparés pour la couverture et le texte présente plusieurs avantages.

  • Déjà, les logiciel utilisés pour la mise en page d’un livre et pour faire de la manipulation graphique ne sont pas forcément les mêmes.
  • Si vous mettez tout dans le même fichier, il faudra vous assurer de laisser éventuellement des pages blanches à la fin si votre nombre de pages n’est pas un multiple de 4, pour que la quatrième de couverture tombe au bon endroit. (En plus, ça vous coûtera deux unités de plus si vous ne mettez rien au verso de la couverture, mais là on commence à chipoter.)
  • Avoir des fichiers séparés permet d’imprimer la couverture sur du papier différent (plus épais, ou coloré, ou …), ou encore de l’imprimer en couleur alors que le texte est en noir et blanc. Les impressions couleurs coûtent cher, donc autant ne le payer que pour une page A4 plutôt que pour toute la brochure.

Note sur l’impression couleur

Si vous le pouvez, prévoyez d’emmener les fichiers sources, modifiables, avec vous, et pas juste les versions PDF, en particulier pour la couverture. Le niveau des couleurs dépend énormément d’une machine à l’autre, et ça peut être bien si vous pouvez ajuster sans avoir à rentrer chez vous parce que vous êtes tombée sur une imprimante qui donne dans le super sombre.

À titre d’exemple, voici l’image originale de la couverture fanzine de Good cop, bad cop, épisode 2 de La chair & le sang :

episode_02_a4.png

Et l’impression couleur de la même image une fois à la Corep :

Et, enfin, la version imprimée après modification en urgence des couleurs :

corep_2.jpg

Ah, et dans le genre conseil pratique idiot : essayez de venir suffisamment longtemps avant la fermeture. Personnellement, je me retrouve toujours à devoir finir mes impressions en urgence parce que je me suis dit « si j’arrive une heure avant la fermeture, ça va, j’aurai le temps de tout faire ».

Pliage et agrafage

Bon, là-dessus je me sens moins compétente, mais vu que c’est un retour d’expérience, allons-y quand même.

Parfois, vous aurez la chance d’avoir une agrafeuse adaptée à votre disposition, mais sinon vous devrez faire l’acquisition d’une agrafeuse à bras long, pour pouvoir planter les agrafes au milieu de la page A4. Ne faites pas comme moi, achetez les agrafes en même temps plutôt que devoir y retourner deux fois pour d’abord acheter de mauvaises agrafes, puis les bonnes.

Pour ce qui est du pliage, je ne sais pas s’il y a une méthode plus recommandée qu’une autre. Au départ, j’avais tendance à plier les brochures par morceaux, trois feuilles à la fois, en me disant que ça permettrait une meilleure pliure. Maintenant, j’agrafe avant de plier, et je fais tout d’un coup. Non seulement c’est plus rapide, mais j’ai l’impression qu’en plus les feuilles sont un peu mieux alignées et que c’est plus facile d’avoir les agrafes qui tombent bien sur la pliure plutôt qu’un peu à côté.

Mais honnêtement, j’ai toujours été nulle en pliage, donc ne m’écoutez pas forcément.

(Accessoirement, au moment de joindre la couverture au texte, pensez à vérifier que c’est bien dans le même sens. Oui, c’est le genre de conneries que j’ai faites pas plus tard qu’aujourd’hui…)

Améliorations possibles

(Ajout du 1er avril 2018)

Si vous imprimez une couverture qui a un fond coloré ou qui prend toute la page, il y a des chances que l’imprimante vous ajoute des bandes blanches (marges) sur les côtés de la feuille, que vous pourrez trouver plus ou moins seyantes. Pour vous en débarrasser, vous pourrez évidemment opter pour le massicotage. Même si ces marges sont moins gênantes pour l’intérieur, pensez également à massicoter celui-ci pour ne pas avoir une couverture trop petite…

Et si vous voulez vraiment avoir quelque chose qui soit nickel, il faudrait idéalement décaler légèrement les marges intérieures et extérieures des pages les plus loin du pliage, afin de compenser par la partie de la page « mangée » par la pliure (et en massicotant une fois les pages pliées pour éviter que les pages du milieu ne « ressortent » un peu par rapport aux pages extérieures). Personnellement, j’avoue ne pas avoir essayé parce que je trouve que ça devient un peu compliqué pour de l’impression de fanzines DIY, mais j’ai vu sur un forum l’existence d’un script, pdflivre.sh (que je n’ai pas testé) qui promettait de faire cela pour vous (le décalage des marges, en tout cas, pas le massicotage, il ne faut pas pousser).

Conclusion

Bref, les fanzines, c’est cool, le format A5 (A4 plié en deux) reste assez simple à produire et donne des trucs qui sont (je trouve) assez sympas, mais on peut varier un peu les formats, soit en misérant avec du A6, soit en mode « journal » avec du A4 (impression sur du A3, plié en deux).

Évidemment, le mode plié et agrafé est surtout adapté pour les livrets de taille raisonnables. Vingt pages, c’est bien. Soixante pages, ça commence à devenir limite et à mettre l’agrafeuse à rude épreuve. Donc ce n’est pas adapté pour tout, mais pour des textes courts, et notamment des nouvelles, je trouve que c’est un moyen d’impression plutôt chouette.


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Billets connexes

Petits changements de tarif : prix libre numérique, mais ça monte pour les fanzines

, 18:03

Pour faire bref, le cœur du message de ce billet de blog, c’est que les versions numériques des épisodes de La chair & le sang seront maintenant à prix libre, tandis que les versions fanzines seront beaucoup plus chères, à 10€.

Mais comme je n’aime pas faire bref, ce billet de blog vous expliquera aussi l’intérêt du prix libre, pourquoi je suis obligée d’augmenter les tarifs pour les fanzines (non, ce n’est pas juste pour me payer la Switch), et inclura également des râleries sur les tarifs de La Poste.

Passage au prix libre pour Les coups et les douleurs (version numérique)

Dimanche dernier, je publiais (pour l’instant uniquement pour les abonné·e·s Tipeee) Good cop, bad cop, deuxième épisode de La chair & le sang, série de fantasy urbaine lesbiano-garou-vampirique.

J’en ai profité pour bidouiller un peu avec Paypal et j’ai modifié les prix du premier épisode, Les coups et les douleurs. Celui-ci est donc maintenant disponible à prix libre : c’est vous qui décidez de ce que vous voulez mettre (et non plus 2,99€ comme c’était le cas avant). Cette possibilité est également disponible sur la plate-forme Smashwords, mais pas sur les grosses plate-formes comme Amazon ou Kobo qui continueront donc à demander un prix fixe. La même chose sera possible pour le second épisode lorsqu’il sera publié plus largement que pour les abonné·e·s, d’ici début avril.

Le prix libre, pourquoi ?

Je fonctionne déjà avec le principe du prix libre pour la plupart des textes publiés sur ce site, sur un mode un peu différent, puisque vous pouvez les télécharger librement (y compris gratuitement), et vous êtes invité·e à faire un don ou à prendre un abonnement de soutien si ça vous a plu.

Je voulais quand même un peu revenir là-dessus, parce que ça me paraît important. L’idée est de permettre de rendre la culture, ou le divertissement[1], accessibles à plus de monde. Y compris, donc, à des gens qui n’ont pas trop de moyens financiers, ce qui est d’autant plus important, à mon avis, pour des œuvres qui mettent en avant des personnages de lesbiennes, trans, etc., des communautés qui sont souvent marginalisées dans la fiction mais aussi, malheureusement, dans la réalité. Dans l’autre sens, je ne suis pas non plus quelqu’un qui roule sur l’or, et si je mets un prix vraiment pas cher ou gratuit, c’est moi qui vais être dans la galère (surtout, là encore, vu les thématiques abordées : la perspective de faire partie des best-sellers en écrivant ce genre d’histoire me paraît compliquée).

Le prix libre permet un compromis entre les deux : permettre aux gens qui n’ont pas les moyens de donner peu (voire rien dans certains cas), et aux gens qui ont une situation confortable de pouvoir donner plus. Ça permet de faire marcher la solidarité, et de mettre en pratique le vieil adage « de chacun·e selon ses moyens, à chacun·e selon ses besoins ».

S’il y a quelque chose dont je suis plutôt contente[2] dans ma « carrière d’écrivaine » (ce qui est un bien grand mot, évidemment) à ce stade, c’est que la très grande majorité de mes textes sont disponibles sans cette barrière, que ce soit pour les textes auto-édités sur ce site mais aussi pour Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) et Enfants de Mars et de Vénus, édités par Dans nos histoires, qui sont disponibles à la vente en version papier mais peuvent être lus en ligne gratuitement (version lyber) sur le site de l’éditeur.

Prix libre ou accès libre

Une petite différence que j’ai vite évoquée, mais qui n’est quand même pas négligeable, c’est la possibilité ou pas de ne rien donner. Par exemple Sorcières & Zombies peut être lu dans son intégralité en cliquant juste sur le lien adéquat, il y a simplement une mention comme quoi c’est sympathique de donner de l’argent si vous appréciez l’œuvre. À l’inverse, vous ne pourrez (normalement) pas lire Les coups et les douleurs sans avoir donné une somme, même symbolique ; avec les désagréments qui vont avec, de devoir sortir sa carte bleue ou se connecter à Paypal, qui peuvent rebuter beaucoup de gens (moi la première).

Là encore, après réflexion, j’ai décidé d’opter pour un compromis, cette fois-ci sur la durée. Je pense que d’ici quelques temps, ce texte passera en accès libre de manière similaire aux autres (sans doute en affinant un peu pour que ce soit moins facile de passer à côté du fait que c’est pas juste gratuit).

Augmentation des versions fanzines de La chair & le sang

Malheureusement, après tous ces beaux discours sur la nécessité d’être accessible financièrement, je suis triste de vous dire que je ne vais pas pouvoir aller dans le même sens pour ce qui est des fanzines. Au contraire, j’ai dû prendre la décision d’augmenter les versions fanzines de La chair & le sang (et peut-être les autres aussi, il faudra que je regarde ça d’un peu plus près).

Pourquoi ? Hé bien, au tout début, je pensais que vendre un fanzine 5€, port compris, c’était un peu cher et que j’abusais un peu. Malheureusement, la réalité, et notamment postale, m’a remise un peu les idées en place. En gros, imprimer, ça ne coûte pas trop cher[3]. Par contre, les envois par La Poste, si.

À ça s’ajoute que j’ai maintenant un statut d’auto-entrepreneur et que je dois payer des sous sur ce que je gagne. En soit, c’est normal (c’est sécu, retraites, impôts), mais le problème c’est que là, avec le statut que j’ai (et j’ai peut-être raté une possibilité parce que j’avoue que je n’y comprends rien à tous ces trucs administratifs[4]), c’est que je paye un pourcentage sur le chiffre d’affaires (donc en gros le prix de ce que je vends) et pas sur les bénéfices (le prix de ce que je vends, moins les coûts). Ça fait à peu près 25%[5].

À ça s’ajoute le fait que je suis par ailleurs au RSA, et qu’une partie de l’argent que je gagne est déduit de mes prochaines allocations, ce qui m’enlève donc encore 25%[6]. Au total sur le prix de vente d’un livre, il n’y a que 50% qui me reviennent dans la poche, et ce avant de prendre en compte les coûts.

Prenons deux exemples, en mettant que je vende un livre à 10€, en numérique et en format fanzine :

  • en numérique, Amazon ou Kobo va prendre 3€ (30%) et me donner 7€ (70%). Là dessus il y a la moitié, donc 3,5€, qui sont un vrai gain par rapport à si je ne n’avais pas vendu ce livre. Sur une vente directe sans passer par Amazon, je gagnerais un peu moins de 5€.
  • en fanzine, je vais toucher la moitié, donc 5€, auxquels je dois enlever à peu près 3€50 de frais postaux et d’impression. Donc je gagne 1€50 par rapport à si je ne vendais rien.

Le problème, c’est que 10€, c’est malheureusement cher, et que jusqu’à maintenant les prix c’était 5€ pour le fanzine, et 3€ (2,99 en fait mais on ne va pas chipoter) pour la version numérique ce qui donnait :

  • en numérique, Amazon/Kobo prend 90 centimes (30%), et me donne 2€10 (70%), sur lesquels la moité, donc 1€05, sont un gain par rapport à si ne je vendais rien (1,50€ sur une vente directe). Comme il n’y a pas de coûts pour moi, ce que je gagne est une simple règle de trois du prix de vente, que je suis libre de fixer un peu comme je veux… ou de vous laisser le fixer.
  • en fanzine, je touche la moitié, donc 2€50, auxquels je dois enlever à peu près 3€50 de frais postaux et d’impression, donc je gagne… euh non, une seconde, je perds un euro par rapport à si je n’avais rien vendu.

Donc voilà, j’espère que vous comprendrez pourquoi je suis obligée de monter les prix pour les versions fanzines de La chair & le sang. Ça me fait chier, parce que du coup ça devient super cher, mais je n’ai pas vraiment le choix.

Des livres papiers pour La chair & le sang ?

Une alternative à ça, ce serait de passer par des livres imprimés à la demande qui, étonnamment, en passant par CreateSpace (filiale d’Amazon) pourraient revenir moins cher (du moins frais de ports compris puisque ceux-ci sont offerts).

  • Pour un livre vendu à 7€ sur Amazon, je toucherais environ 2€50 de royalties. Comme à aucun moment les 7€ ne vont directement dans ma poche, je n’aurais à déclarer que ces bénéfices, et il me resterait donc 1€25 de gain par rapport à si je n’avais rien vendu, donc à peu près autant que sur une vente d’un fanzine à dix euros.

D’un autre côté, ça me fait chier, parce que si la situation est comme ça, c’est en bonne partie parce que La Poste, qui est à la base censée être un service public, ne fait qu’augmenter ses prix pour les particuliers, tout en proposant des deals avantageux à son plus gros client, Amazon. Il n’y a pas que moi que ça touche, ça concerne aussi notamment les petites librairies et les petits éditeurs.

Et en même temp, si j’essaie de proposer du prix libre et du libre accès pour les versions numériques, c’est pour enlever un facteur bloquant, qui est l’argent. Or, je sais très bien que la lecture numérique est aussi un facteur bloquant pour plein de gens (notamment, d’ailleurs, les personnes qui n’ont pas forcément les moyens d’investir dans une liseuse) et je n’ai pas envie d’avoir des versions papiers qui sont hors de prix alors que ce n’est pas non plus la qualité d’un livre imprimé de manière « pro ».

Bref…

Bref, c’est la merde. Difficile de se dépatouiller entre les différents objectifs : proposer quelque chose de DIY et si possible d’un peu plus éthique que le management à la Amazon ; être accessible au plus grand monde ; et pouvoir, quand même, gagner un peu d’argent.

Au final, je ne suis pas encore tout à fait sûre de ce que je vais faire, mais je pense que je vais proposer les deux solutions pour le papier. D’un côté, des fanzines DIY qui seront chers, de l’autre une version low cost mais avec une éthique pas terrible. J’imagine que c’est une façon pour moi de me décharger de ce choix en demandant aux lecteurs et lectrices de le faire à ma place, un peu comme quand vous avez à choisir entre faire les courses à Lidl ou au marché.

Tout en sachant par ailleurs qu’il reste quand même possible de proposer ces fanzines à prix libre quand c’est sur place et qu’il n’y a pas le coût des envois, même si ça limite pas mal géographiquement. Il est aussi possible de réduire un peu les coûts en faisant une commande d’un certain nombre d’exemplaires ; la boutique que j’ai sur le site ne prend absolument pas ça en compte, mais n’hésitez pas à me contacter par mail (lizzie at crowdagger point fr) ou autre moyen si vous voulez commander plusieurs fanzines différents, ou plusieurs exemplaires du même fanzine, pour que ça vous revienne moins cher.

Pour finir, je tiens à préciser que tout ça ne change rien pour les gens ayant pris l’abonnement papier sur Tipeee : elles continueront à recevoir un épisode tous les deux mois de La chair & le sang au format fanzine.

Notes

[1] Je ne saurais pas forcément donner la différence exacte entre les deux, et j’aurais bien du mal à dire dans quelle case mes œuvres se situent.

[2] Même si je n’aurais pas forcément été tout à fait contre le fait de me retrouver dans la position de devoir choisir entre accepter un contrat juteux et l’accessibilité financière de l’œuvre…

[3] Tant qu’on ne se retrouve pas à foutre 300 pages à la benne à cause d’une erreur de manipulation, ce qui arrive quand même de temps en temps.

[4] En bref quand même : les chiffres que je donne là valent parce que je suis classifiée en « activité libérale ». Peut-être qu’il y aurait moyen de faire passer la partie sur les ventes de fanzines en achat/vente, ce qui serait plus avantageux, mais comme j’ai déjà eu assez de mal à comprendre cette partie-là je ne suis pas persuadée de mes chances de réussite même si c’était possible.

[5] 24,9% plus exactement.

[6] Alors, là, le calcul est un peu compliqué : la CAF enlève 38% du montant des revenus, sachant que le revenu déclaré se fait lui-même avec un abattement de 34% par rapport au chiffre d’affaires, ce qui au total enlève donc 0,38 * (1 - 0,34) = 25,08%. On notera au passage qu’ajouté à la cotisation précédente, ça fait 49,98% ; avant de faire les calculs, j’étais persuadée que mon « 50% » était entièrement pifométrique, mais en fait pas tant que ça (même s’il est possible que je me sois plantée dans les calculs).

Nouvelles papier DIY #2 : Tromperies sur la marchandise + Une mine de déterrés

, 15:22

Mise à jour : ça y est, les impressions ont été faites et empaquetées, il n'est donc plus possible de commander ce « pack ». En revanche, vous pouvez toujours commander les versions papiers des textes (de manière individuelle) dans la boutique.

Ce mois-ci, la nouvelle en accès payant sera Tromperies sur la marchandise. Pour rappel, elle sera (dans quelques jours) disponible en version numérique pour les personnes ayant souscrit à un abonnement Tipeee (à partir d'1€ par mois).

Pour ce qui est de la version papier, elle sera envoyée aux personnes qui ont souscrit à la version « papier » de cet abonnement Tipeee, à partir de 5€ par mois. Si vous souhaitez la recevoir (avec, en bonus, un autre texte : Une mine de déterrés !), vous pouvez donc soit vous abonner sur Tipeee (et vous recevrez d'autres textes les mois suivants, n'est-ce pas fabuleux ?), soit commander en passant par Paypal :

Tromperies sur la marchandise

Mais du coup, cette nouvelle, elle parle de quoi ? On y suit une sorcière, Vénus, qui va peut-être être radiée de la Sororité de Sorcellerie à cause d'une « révélation » sur sa transidentité.

C'est un texte qui dormait depuis un moment sur mon ordinateur (et que certaines personnes ont peut-être pu lire dans une version antérieure). Pour situer, elle se déroule dans le même univers qu'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) (pour les personnes attentives et ayant bonne mémoire, le personnage de Vénus est d'ailleurs mentionné dans ce roman). J'avais commencé à écrire ce texte avant Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), et le thème de cette nouvelle préfigurait déjà un peu certains traités dans le roman. Vénus devait d'ailleurs, à l'origine, être un personnage de l'intrigue de ce roman, mais finalement, le projet évoluant, son rôle s'est réduit à être mentionnée dans un dialogue. En retravaillant ce texte, j'étais donc contente de la retrouver, et j'espère que vous prendrez aussi du plaisir à lire cette nouvelle.

Une mine de déterrés

Comme pour le mois précédent, Tromperies sur la marchandise étant une nouvelle un peu courte, j'ai décidé de joindre également la version papier d'un texte déjà existant, en l'occurrence Une mine de déterrés, que vous pouvez déjà consulter librement en version numérique (et qui est aussi inclus dans le recueil Sorcières & Zombies).

Une mine de déterrés est une nouvelle mélangeant fantasy (elle se déroule dans le même univers que Pas tout à fait des hommes) et enquête policière. Deux détectives privés, Anya et Ray, sont engagés pour enquêter sur l'explosion d'une mine, dans une ville en quarantaine à cause de la présence de zombies.

Avec de la lutte, de la classe, et de la lutte de classes !

Commander les versions papier

Je compte imprimer ces deux textes d'ici une dizaine de jours, histoire de laisser aux personnes qui souhaiteraient les recevoir le temps de les commander, soit en s'abonnant sur Tipeee, soit en commandant juste pour ce mois-ci par Paypal (toujours 5€).

J'espère (mais sans garantie) qu'ils arriveront avant Noël et pourront être sous votre sapin (et peut-être même que ça arrivera à temps si vous fêtez plutôt le solstice, mais c'est encore moins sûr).

Il s'agit d'une impression au format A5 en mode fanzine. Si vous vous demandez à quoi ça ressemble, voilà une photo de mauvaise qualité des versions du mois précédent :

Cx4jqlWW8AU1ZyK.jpg
Abonnement papier novembre 2016

Pour finir, précisons également qu'il s'agit d'un tirage limité, signé et numéroté (et « versionné »), donc peut-être ça vaudra super cher dans quarante ans, franchement c'est un bon investissement.

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