Le blog de Lizzie Crowdagger

Ici, je discute écriture et auto-édition, fanzines et livres numériques, fantasy et fantastique, féminisme et luttes LGBT ; et puis de mes livres aussi quand même pas mal
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Mot-clé - sorcières zombies

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(Re)Publication de 17 textes sous licence Creative Commons BY-SA

, 18:22

Histoire que mes derniers articles sur les licences libres et la fiction n'aient pas été que du vent, je me suis attelée à la tâche de republier les textes déjà disponibles sur ce site sous licence libre. Au départ, je pensais me limiter à quelques uns, et rester sous le copyright classique pour les autres, et puis je me suis dit : pourquoi faire dans la demi-mesure ?

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Une mine de déterrés, #2

, 23:09

Voici la seconde partie de Une mine de déterrés, une nouvelle un peu longue qui mélange fantasy et enquête policière et qui fait partie du recueil Sorcières & Zombies. La première partiest est disponible ici.

Je m'excuse d'avoir mis autant de temps à publier cette partie ; j'avais promis que le texte intégral serait publié en un mois, mais j'ai été prise par d'autres choses, notamment la réédition prochaine d'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires). Pour compenser, cet extrait-ci est plus long que le précédent et, promis, la fin sera disponible plus rapidement.

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Une mine de deterrés, #1

, 21:56

Voici la première partie de Une mine de déterrés, une nouvelle un peu longue qui mélange fantasy et enquête policière et qui fait partie du recueil Sorcières & Zombies. Pour information, je prévois de publier l'ensemble du texte en à peu près quatre ou cinq morceaux et en à peu près un mois. Si vous faites partie des gens qui n'aiment pas lire les textes de cette façon (et honnêtement, je vous comprends), n'hésitez pas à acheter le recueil Sorcières & Zombies ^ ^ (Ou à revenir dans un mois, ça marche aussi...)


Le sergent Leslie, actuellement chargée de mener la garde à la porte Sud de la ville de Sénéla, raffermit la prise sur son arbalète lorsqu'elle aperçut les deux étrangers qui approchaient à pied.

La première était une femme qui, quoique grande et vêtue de manière légèrement trop provocante à son goût, ne semblait a priori pas vraiment être source de troubles potentiels.

Le second était un homme qui devait mesurer près de deux mètres, était large d'épaules et avait une allure patibulaire. Son visage balafré était en partie caché par des lunettes sombres et, pour ne rien arranger, il portait un long manteau noir qui pouvait dissimuler une quantité non négligeable d'armes. C'était une incarnation du suspect parfait.

Leslie grimaça. Le manteau et les lunettes étaient vraiment en trop. Avec ce genre d'accessoires, il devait venir de la capitale.

Elle s'avança de deux pas et porta la main à son casque pour saluer les deux individus.

« Bonsoir, Messieurs-dames.

— 'soir, lança le grand type. Un problème ?

— La ville est actuellement... en quarantaine. À votre place, je passerais mon chemin. »

Le gaillard jeta un coup d'œil rapide à la femme qui l'accompagnait, puis retira ses lunettes et plongea ses yeux dans ceux de Leslie. Ou plus exactement, plongea son œil unique dans ceux de Leslie, puisque celui qui se trouvait sur le chemin de la balafre était manifestement mort.

« En quarantaine ? demanda-t-il finalement. Pourquoi ?

— Morts-vivants. Je veux bien vous laisser rentrer, mais vous ne pourrez pas sortir avant que ce soit réglé. Alors, à votre place...

— Je sais. Vous passeriez votre chemin. Mais on a à faire ici.

— D'accord, soupira la garde. Je vais juste prendre vos noms, si vous le voulez bien.

— Raymond D'Arc, répondit l'homme.

— Anya Volk, fit la femme. Avec un K. »

Le sergent Leslie nota scrupuleusement les noms des deux étrangers.

« Et vous venez pour... ?

— On prend des vacances. »

La garde les laissa entrer, bien qu'elle n'en croyait pas un mot.

Elle fronça les sourcils lorsqu'Anya Volk passa devant elle, trouvant qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.

Pour commencer, elle était beaucoup trop poilue. Et puis, il y avait sa voix. Leslie comprit alors : la femme n'en était pas réellement une. Leslie sourit. Les deux étrangers venaient bien de la capitale, pas de doute là-dessus.


Raymond d'Arc entra dans une taverne et chercha du regard pendant quelques instants la personne avec qui il avait rendez-vous.

Finalement, quelqu'un leva la main. Il s'agissait d'un homme aux cheveux grisonnants qui portait une petite barbiche bien taillée. Il était assis seul à une table et avait déjà entamé une bière.

Raymond se laissa tomber sur une chaise en face de lui et tendit une de ses énormes mains en guise de salut.

« Vous êtes André, je suppose ?

— Oui, fit l'homme aux cheveux gris. C'est moi qui vous ai écrit. Je vous suis très reconnaissant d'avoir accepté notre offre, monsieur D'Arc.

— Ray.

— Hein ?

— Tout le monde m'appelle Ray », expliqua le géant en allumant une cigarette.

Les deux hommes échangèrent des banalités pendant quelques minutes en attendant que la serveuse apporte deux nouvelles bières à la table.

Alors qu'elle retournait vers le comptoir, le détective vit toutes les têtes se tourner vers l'entrée de la taverne. Bien qu'il lui tournât le dos, il devina que sa coéquipière, après être passée à leur auberge pour déposer leurs affaires, venait d'entrer dans l'établissement.

Anya, à cause de son physique et de ses tenues, déclenchait toujours des réactions lorsqu'elle entrait dans ce genre d'endroits.

Un des voisins des deux hommes demanda d'une voix assez forte, destinée à se faire entendre de l'intéressée tout en ne lui étant pas directement destinée :

« Hey, les gars, c'est un homme ou une femme ? »

Ray se tourna vers l'individu, arbora un sourire désagréable et lui répondit avec un regard menaçant :

« Si tu continues comme ça, elle pourrait bien être ton pire cauchemar, mon pote. »

L'homme détourna le regard et le ramena vers sa bière. Face à Ray, le niveau d'audace de la plupart des gens diminuait drastiquement.

« Tu sais », lança joyeusement Anya en tirant une chaise et en s'asseyant à côté de son collègue, « je suis capable de répondre toute seule.

— Tu n'es jamais contente, de toute façon.

— Je suppose que tu as raison. Enchantée, au fait », ajouta-t-elle en prenant conscience de la présence d'André. « Anya Volk.

— André Léger. Enchanté aussi, quoique ce soit un peu... inattendu...

— Anya est ma collaboratrice, expliqua Ray. Mais vous en faites pas, ça change rien aux tarifs. »

André ne répondit rien, mais il était clair, vu son expression, que les tarifs n'étaient pas ce qui lui posait le plus problème.

« Si vous nous expliquiez la situation ? demanda la jeune femme.

— Il y a trois mois, la mine... elle s'est effondrée. Probablement à cause d'un attentat.

— Explosifs ? demanda Ray.

— Oui. Il faut savoir qu'il y avait eu une grève, un peu avant. Le travail venait de reprendre.

— Quelles étaient les raisons de la grève ? » demanda Anya.

André soupira. Il n'aimait pas être interrompu et encore moins par une femme qui essayait de tenir son pichet de bière d'un air raffiné mais n'arrivait qu'à paraître encore plus vulgaire.

« À cause des conditions de travail. On pensait que c'était dangereux. Quand il y a eu l'explosion, sur les trois cents mineurs, une cinquantaine est restée prise au piège. Ils ne sont jamais ressortis. »

André s'arrêta quelques secondes, ému et au bord des larmes. C'était des collègues avec qui il avait travaillé.

« Tenez, fit la jeune femme en lui tendant un mouchoir en dentelle.

— Merci.

— Vous voulez qu'on trouve les responsables, c'est ça ?

— Ils ont arrêté deux personnes, expliqua André. Grégoire et Maximilien, deux des meneurs pendant la grève. Seulement, avec les camarades... enfin, on n'est pas sûr que la garde soit impartiale, vous voyez ?

— Vous pensez pas que c'est les bons coupables ? demanda Ray.

— J'ai du mal à croire que ce soit eux. Ils n'auraient pas mis la vie de leurs collègues en danger. S'ils avaient posé une bombe, ça aurait été plutôt pour faire sauter Maugeais et Maurice.

— C'est qui, ces types ?

— Les propriétaires de la mine.

— Ça paraît logique, admit Anya. Pends ton patron, t'auras son pognon. »

Ray jeta un regard surpris à sa collaboratrice.

« Je suis pas sûr que j'ai bien fait de te recruter...

— Ne t'en fais pas, répliqua la jeune femme avec un sourire. On est partenaires, à niveau égal. C'est pas comme si t'étais vraiment mon patron. »