100 mots sans queue ni tête

Mot

Comme je n’avance pas sur mes pro­jets d’écriture, et qu’il parait qu’un·e véri­ta­ble écrivain·e digne de ce nom doit écrire tous les jours ou mourir en essayant, j’ai décidé, à trois heures du matin et par un éclair de stu­pid­ité, de me lancer dans ce nou­veau pro­jet stu­pide : cent mots sans aucun rap­port et choi­sis sans aucune bonne raison.

Après tout, il y a déjà plein de livres « cent mots pour com­pren­dre tel sujet ». Même Olivi­er Besan­cenot a écrit Cent mot pour chang­er le monde. Mes cents mots à moi n’auront pas cette pré­ten­tion, je tiens à le dire tout de suite. Et, d’ailleurs, il est assez prob­a­ble que je m’arrête en cours de chemin. Je me connais.

Mais, bref, je me lance.

Il parais­sait dif­fi­cile, pour ne pas dire mal­venu, de regrouper cent mots sans lis­ter celui qui, dans les ténèbres les lie tous : le mot « mot ».

Ce que j’aime bien avec ce mot, c’est qu’il parait à la fois tout à fait évi­dent et ne l’est pas du tout dès qu’on le pousse un peu dans ses retranche­ments. En français (et dans beau­coup de langues proches), on pour­rait se dire que c’est assez facile parce qu’on a ten­dance à met­tre des espaces ou autre ponc­tu­a­tion pour sépar­er, et c’est d’ailleurs comme ça que la plu­part des logi­ciels qui vous pro­posent de compter le nom­bre de mots dans un texte fonctionne.

Même avec cette règle sim­ple, on atteint vite un cer­tain nom­bre de prob­lèmes, notam­ment avec des car­ac­tères comme l’apostrophe ou le trait d’union : si l’on aurait envie, spon­tané­ment, de compter « j’aime » comme deux mots « je » et « aime », est-ce que cela a vrai­ment du sens de dire la même chose pour « aujourd’hui » ? Et est-ce que celui-ci ne devrait pas, finale­ment, compter comme qua­tre (« au jour d’ hui ») ?

Ce qui pose évidem­ment prob­lème lorsqu’on se lance dans la créa­tion d’un ouvrage (ou, tout du moins, de bil­lets de blog, mais peut-être que cela fini­ra par pren­dre la forme d’un ouvrage) qui se donne comme objec­tif de regrouper cent mots. Mais vain­cre sans péril serait tri­om­pher sans gloire, et c’est donc pour cette rai­son que j’ai décidé de me lancer dans cette tâche que bien d’autres gens ont déjà sur­mon­té dans le passé sans se pos­er cette ques­tion dispensable.

Par ailleurs, la page Wikipé­dia sur le mot « mot » m’informe que « 15 % des mots du bélarus, du français et du russe s’écrivent en 11 let­tres », ce qui laisse songeur, non ?


A propos Lizzie Crowdagger

Écrivaine holistique

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