Pas tout à fait des hommes

À mi-chemin entre Terry Pratchett et Ken Loach, un roman de fantasy mêlant action, humour et sentiments sur fond de coup d’état et de révolution.

Pas tout à fait des hommes, roman de fantasy

Une guerre inévitable. Un amour interdit. Une révolte violente.

Kalia, la seule elfe de la ville à travailler dans la garde, se contente d’ordinaire d’essayer de survivre et d’éviter les ennuis… Du moins, jusqu’au jour où elle rencontre Axelle, une voleuse démoniaque qui va bouleverser sa vie.

Avant de réaliser ce qui lui arrive, Kalia va se retrouver confrontée à des orcs révolutionnaires, des nains remontés, un général belliqueux, un vampire gay et son amie imaginaire, une prophétie obscure, des conflits politiques, une épée sacrée, un Élu au coeur pur, ainsi qu’une multitude d’autres choses potentiellement mortelles mais au nom moins impressionnant.

Malgré elle, elle risque bien d’être impliquée dans des évènements qui pourraient ébranler le monde.

À mi-chemin entre Terry Pratchett et Ken Loach, un roman qui revisite les codes de la fantasy avec humour et révolte.

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Extrait

Kalia avait le couteau sous la gorge, et ce au sens propre. Enfin, « propre » n’était pas véritablement le mot le plus approprié, étant donné que la lame qu’on tenait devant elle était maculée de sang séché, ce qui n’était d’ailleurs pas pour la rassurer. Si elle avait su qu’il s’agissait de la trace d’un découpage de rôti et non d’un poignardage, elle se serait peut-être sentie un peu moins mal, mais elle ne pouvait que l’ignorer.

Derrière elle, un grand troll lui bloquait les bras d’une seule main énorme. Pendant ce temps, la voleuse qu’elle venait d’essayer d’arrêter souriait en agitant l’arme devant ses yeux.

« Ce n’est pas très futé, pour une garde seule, de s’attaquer à un troll. »

La femme avait un drôle d’accent. Il y avait une certaine intonation qui lui venait indéniablement de la rue, tandis que la façon de prononcer certains mots semblait indiquer une origine étrangère, même s’il aurait été dur d’en déterminer précisément la provenance.

« Non, admit Kalia en se mordant la lèvre inférieure. Je ne l’avais pas vu, en fait.

— Ouais, souffla la voleuse en hochant la tête. C’est dingue ce qu’il arrive à être discret, dans le noir. Vu sa taille, je veux dire. »

Les deux jeunes femmes restèrent quelques instants à se regarder en silence, puis Kalia parcourut la pièce des yeux, à la recherche de quelque chose qui aurait pu l’aider. Il faisait sombre, et seuls quelques minces traits de lumière qui passaient à travers les volets fermés lui permettaient de distinguer les deux silhouettes. Elle se demanda si elle pouvait appeler au secours et décida que ce n’était sans doute pas la bonne chose à faire vu la proximité de la lame.

« Comment tu nous as repérés, au fait ? demanda la voleuse. On n’a pas fait de bruit.

— J’allais au travail. J’ai vu la porte fracturée et j’ai décidé d’entrer voir si tout allait bien.

— T’es bien zélée.

— Non. Pas d’habitude, répondit Kalia en haussant les épaules. Aujourd’hui, je voulais faire mon travail bien. Pour une fois.

— C’était con.

— Je suppose. »

À la réflexion, Kalia songea que la vraie erreur avait été commise dès le début, le jour où elle s’était engagée dans la garde. Elle avait eu une opportunité et avait pensé que le travail pourrait lui convenir, mais elle s’était trompée : ce n’était pas un métier fait pour elle. Elle aurait à la rigueur pu se débrouiller dans un quartier tranquille où on ne lui aurait rien demandé, mais elle avait été affectée dans le Déni, le quartier le plus mal famé de la ville. Se contenter de survivre n’était déjà pas évident.

Les remontrances de ses supérieurs l’avaient incitée à se montrer un peu plus consciencieuse aujourd’hui et elle le regrettait amèrement.

« Qu’est-ce que vous allez faire de moi ?

— Je ne sais pas trop, répondit la voleuse en souriant. Aymak, t’en penses quoi ?

— C’est une elfe, répondit le troll. Ils ont la réputation de ne pas être achetables et d’avoir une bonne vue. »

La jeune femme écarquilla les yeux et approcha son visage de Kalia, incrédule.

« Sérieux ? Je voyais les elfes plus… merde, plus grands, pour commencer ! C’est vrai, ce qu’il dit ?

— Oui », répondit la garde d’une petite voix.

Être elfe voulait normalement dire avoir les cheveux blonds, les oreilles pointues, une taille assez supérieure à la moyenne humaine, une beauté fascinante, une vision plus qu’efficace et une agilité redoutable. Malheureusement pour elle, Kalia n’avait qu’une partie de ces attributs, et pas les plus utiles, puisqu’il s’agissait de la couleur des cheveux et de la forme des oreilles.

« Je n’ai pas une bonne vue, cela dit, expliqua-t-elle. Et il fait noir.

— Alors, tu ne saurais pas dire qui je suis ? » demanda la voleuse en approchant encore son visage, le sourire aux lèvres.

L’elfe grimaça et regarda à nouveau son interlocutrice. Elle avait les cheveux noirs qui lui arrivaient jusqu’aux épaules et des yeux verts. Sans trop savoir pourquoi, Kalia sentait qu’il y avait quelque chose de profondément maléfique dans cette femme. Elle ne savait pas trop si c’était une sorte de sixième sens elfique qui se serait réveillé ou juste la peur qui la faisait halluciner.

En tout cas, et à son grand regret, elle l’avait reconnue pratiquement depuis le début. Il s’agissait d’Axelle CrèveCœur, l’effeuilleuse la plus connue de la ville. Kalia n’était pas adepte de ce genre de spectacles, mais la plupart des autres gardes en raffolaient et, une fois, elle y avait accompagné des collègues avec qui elle ne s’entendait pas trop mal. Sans grande surprise, elle avait été l’unique femme dans le public.

Elle se mordit la lèvre et se demanda si elle devait essayer de mentir, mais le temps qu’elle passa à hésiter fut suffisant pour que la voleuse comprenne.

« Je vois, souffla Axelle. Tu sais », ajouta-t-elle en posant un doigt sur la lèvre inférieure de la garde, « je ne suis pas certaine que te mordre jusqu’au sang arrangera ta situation.

— Vous allez me tuer ?

— Je ne sais pas. Si t’es trop honnête, j’aurais peut-être pas le choix.

— Je suis honnête, répliqua Kalia.

— Ah.

— Cela dit, j’ai une mauvaise mémoire », s’empressa-t-elle d’ajouter.

***

« Ce n’est pas risqué, de l’avoir laissée partir ? » demanda Aymak.

Les trolls étaient souvent perçus comme des êtres stupides ne sachant pas s’exprimer et ne jurant que par la violence. C’était compréhensible : lorsque l’un d’entre eux ne jurait effectivement que par la violence, il passait rarement inaperçu. Aymak, lui, était plutôt cultivé et n’aimait pas se battre ; malheureusement, pour un troll, obtenir un emploi de videur ou de garde du corps était facile ; bibliothécaire ou avocat étaient beaucoup plus inaccessibles.

« Si, admit Axelle. Y’a des risques.

— Tu aurais pu cacher ton visage.

— Ouais.

— Et ne pas prononcer mon nom.

— Ouais.

— Pourquoi ? Tu tiens vraiment à ce qu’elle nous attire des ennuis ? »

Il y eut un court instant de silence, pendant lequel la voleuse parut réfléchir.

« Peut-être bien », répondit-elle finalement, un léger sourire aux lèvres.

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Pas tout à fait des hommes de Lizzie Crowdagger est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International. Pour des explications sur le choix de cette licence, vous pouvez consulter cet article. Les fichiers sources du roman sont disponibles sur Github.

Un certain nombre de nouvelles se déroulent dans le même univers, Erekh, notamment Sortir du cercueil et Une mine de déterrés, tous deux également inclus dans le recueil Sorcières & Zombies.

Critiques

Votre avis sur ce livre

4/5

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Commentaires

1. Le samedi, mai 4 2013, 17:26 par Deino

je viens de finir le livre et je l'ai trouvé bien fait. je trouve l'histoire belle et trouverais ça dommage qu'elle s’arrête. Y aura t il une suite?

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