Déviances vikings

Déviances vikings

De l’ac­tion, des sen­ti­ments et des cornes de brume

Déviances vikings (couverture)

Dans les ter­res du Nord, les guer­ri­ers vikings doivent affron­ter des hordes de marcheurs, mais cela ne les empêche pas de pré­par­er des expédi­tions vers d’autres ter­ri­toires.

Gunnbjörn, com­bat­tant chevron­né, aimerait, avant son départ vers le Lev­ant, pou­voir for­mer son appren­tie. Celle,-ci, Siv est une jeune femme un peu mar­ginale qu’il a pris sous son aile

Mais Gunnbjörn devra égale­ment com­pos­er avec une horde de non-vivants impromptue, des querelles entre clans, et ses pro­pres sen­ti­ments refoulés.

Version numérique (ebook)

Déviances vikings est disponible à prix libre aux for­mats EPUB, PDF et HTML sur Ko-fi.

Version brochée (livre papier)

Ce livre peut égale­ment être com­mandé en ver­sion papi­er sur Ama­zon (6,99€, 114 pages).

Extrait

Avec l’altitude, le vent frais était d’autant plus cinglant, et Gunnbjörn regret­ta un instant de ne pas avoir pris de manteau.

Il avait une quar­an­taine d’années, la peau som­bre, une taille respectable, quoique assez banale pour un guer­ri­er viking, et une coif­fure qui com­bi­nait de longs cheveux cré­pus tressés en arrière avec des tem­pes rasées sur le côté du crâne.

Il était habil­lé des vête­ments tra­di­tion­nels des guer­ri­ers vikings : il avait une chemise de corps ouverte jusqu’à mi-poitrine, que la van­ité le pous­sait à ne pas refer­mer mal­gré le froid, au-dessus de laque­lle il por­tait une veste en cuir sans manche. Au dos de celle-ci était brodée l’appartenance de son clan en let­tres runiques. Ses jambes et ses pieds étaient, de leur côté, mieux pro­tégés de la fraicheur, par un épais pan­talon de cuir et des bottes à san­gles. N’ayant pas prévu de guer­roy­er aujourd’hui, il ne por­tait que deux petites haches à la ceinture.

Pour se réchauf­fer, il mar­chait à grandes enjam­bées. Der­rière lui, Siv peinait à le suiv­re. Gunnbjörn entendait la res­pi­ra­tion de sa ser­vante qui se fai­sait plus rapi­de : elle avait du mal à garder le rythme dans la montée.

Devant eux, Fen­rir le chien gam­badait. Il s’agissait d’un molosse noir à la taille imposante et aux poils longs. Son aspect quelque peu effrayant lui avait valu d’être bap­tisé Fen­rir, comme le dieu loup, mais pour éviter la con­fu­sion avec ce dernier on l’appelait en général « Fen­rir le chien », ce qui amenui­sait quelque peu l’impact du nom.

Der­rière eux, et déjà beau­coup plus bas, se trou­vait la baie de Fos­sar­javík, avec le vil­lage côti­er de Kirkjubær d’où ils étaient par­tis un peu plus tôt. Gunnbjörn se retour­na quelques instants pour con­tem­pler le paysage, et en prof­i­ta pour véri­fi­er que Siv arrivait encore à le suivre.

Il lui avait demandé de l’accompagner chas­s­er parce qu’il pen­sait qu’un peu d’entrainement physique ne ferait pas de mal à la jeune femme, et lui per­me­t­trait égale­ment d’échapper à ses corvées quo­ti­di­ennes. Il n’était pas cer­tain qu’elle lui en soit recon­nais­sante. Elle peinait dans la mon­tée, rajus­tait tous les trois pas l’arbalète qu’il lui avait prêtée et qu’elle por­tait en ban­doulière dans le dos, et trébuchait régulière­ment à cause de ses bottes qui étaient trop grandes pour elles.

Qu’est-ce que tu t’imaginais ? se deman­da Gunnbjörn en son for intérieur. Ce n’est pas une guer­rière.

Siv était plutôt menue, avait la peau pâle et de longs cheveux châ­tains qu’elle gar­dait détachés. Con­traire­ment à lui, elle avait pen­sé à se cou­vrir les épaules d’une cape en laine ; en revanche, ses jambes étaient exposées, puisqu’elle ne por­tait qu’une robe qui lui descendait jusqu’à mi-mollets.

— Est-ce que ça va ? lui demanda-t-il.

— Oui, sire.

Gunnbjörn pous­sa un soupir bruyant.

— Tu n’es pas oblig­ée de m’appeler sire.

Siv atten­dit de l’avoir rejoint et d’avoir repris son souf­fle avant de répondre :

— Je sais, sire.

Il leva les yeux au ciel.

— Si tu regrettes d’avoir accep­té de m’accompagner, tu peux me laiss­er l’arbalète et faire marche arrière.

— Non, sire. Vous me faites grand hon­neur en m’autorisant à venir avec vous.

Gunnbjörn n’était pas assez idiot pour ignor­er le sar­casme. Siv se mon­trait tou­jours d’une politesse exem­plaire, voire obséquieuse, mais y ajoutait par­fois une ironie peu dissimulée.

— Tu n’es vrai­ment pas oblig­ée, si tu n’en as pas envie. C’est juste que je pensais…

Il ne ter­mi­na pas sa phrase. Il n’était pas cer­tain de ce qu’il avait pen­sé. Nor­male­ment, c’était son fils, ou des amis, qui auraient dû l’accompagner à sa par­tie de chas­se. Mais Gunnbjörn n’avait pas plus d’enfant que de femme, et s’il avait quelques com­pagnons qu’il con­sid­érait comme des amis, il était le genre d’homme à préfér­er d’habitude ce type d’excursions en solitaire.

— C’est un hon­neur, sire, ter­mi­na Siv.

Il essaya un instant de déter­min­er si elle était sincère, puis abandonna.

— Un jour, soupi­ra-t-il, j’arriverai à savoir quand tu par­les avec le cœur et quand tu te moques de moi.

— Les deux ne sont pas tou­jours incompatibles.


A propos Lizzie Crowdagger

Écrivaine holistique

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